364 TRAITÉ des grandes opérations militaires.guerre (1), et la solidité des alliances que l’onpeut se ménager pour une entreprise loin-taine.
En un mot, il est indispensable de connaîtrecette science, mélange de politique, d’adminis-tration et de guerre, dont Montesquieu a si bienposé les bases dans son ouvrage sur les causes dela grandeur et de la décadence des Romains. Ilserait difficile de lui assigner des règles fixes , etmême des principes généraux ; l’histoire est laseule école dans laquelle on puisse trouver quel-ques bons préceptes, et il est encore bien rarede rencontrer des circonstances qui se ressem-blent assez, pour qu’on doive se régler, à unecertaine époque, sur ce qui aurait été faitquelques siècles auparavant. Les passions deshommes influent trop sur les événemens pourque les uns n’échouent pas, là même où d’autresont réussi.
Napoléon connaissait peut-être cette science ,mais son mépris pour les hommes lui eu a faitnégliger l’application. Ce n’est pas lignorance dusort de Cambyse du des légions de Varus qui acausé ses revers ; ce n’est pas non plus l’oubli dela défaite de Crassus; du désastre de l’empereur
(i) C’est ce qui m’a fait déjà écrire en i8o5, tome V, cliap. IV,que le système de Napoléon n’était pas exécutable en Russie ou enSuède.