— 110 —
échappe à l’auteur des Mémoires : l’étrange récitque vous allez nous faire, est-il donc la vérité surla famille du premier consul? Une infâme ca-lomnie sera-t-elle la vérité, parce qu’elle seradébitée par un homme qui a promis de noircir lafamille de son bienfaiteur ?
Mais ce Lucien que vous calomniez si effron-tément , quel intérêt avait-il donc à ce qu’unbâtard remplaçât ses propres enfans? Etait-ilfou, maniaque ? Etait-ce un ambitieux effréné,celui qui, peu de mois après, préféra la vie do-mestique de Rome au tumulte des affaires? quivécut éloigné de Paris, au milieu de la nouvellefamille que l’hymen et l’amour lui avaient don-née, honoré de l’intime amitié d’un pape, saint denom et de fait; entouré des hommages de ceuxqui estiment les beaux-arts, les lettres, lessciences, et l’indépendance d’un noble carac-tère, tandis que son frère était au faîte de lapuissance, et que vous étiez à ses pieds ; et lors-que la fortune, qui vend les prospérités, eutréduit Napoléon à se défendre contre l’Europeentière, on vit ce frère accourir, attiré par lemalheur, tandis que vous, monsieur le ministrede l’empereur à Hambourg, vous vous étiezchargé d’épier au cabinet noir et à la police de