Band 
Tome deuxième.
Seite
259
JPEG-Download
 

même, il me suffira de faire connaître au publicle jugement que son beau-frère porta de luilorsqu’il apprit sa mort; il s’écria : « J’ai perdumon bras droit ! »

Quant à cette manie que M. de Bourrienne ade vouloir persuader à ses lecteurs que le motifqui détermina le premier consul à lui donner lecommandement de l’armée de Saint-Domingue,fut de procurer à son beau-frère les moyens des’enrichir, ce qui pourrait faire croire que ce gé-nérai .avait un amour passionné pour l’argent, jevais y répondre par le récit d’un fait qui se passasous mes yeux.

Lors de l’expédition de Rome, qui eut lieuaprès la mort du général Duphot, assassiné parlessoldats du pape, le général Leclerc était chef d’é-tat-major de l’armée française. Dans cette occa-sion , son austère probité lui valut un témoignagebien satisfaisant. On sait que, quelques jours aprèsl’entrée des Français dans la ville de Rome, l’ar-mée offrit un exemple d’insubordination biendangereux, et qui heureusement depuis ne s’estpas renouvelé : les officiers des corps compo-sant cette garnison s’assemblèrent, malgré leurs