U PRÉFACE DE LAÜTEOR.
enveloppée, quel acteur assez impartial pour larévéler, quel témoin assez courageux pour la dire ?Comment élever un édifice solide sur un sol tou-jours mouvant, et conserver un calme impassiblesur le cratère d’un volcan ?
Les publications contemporaines des événementssont loin d’en être des récits fidèles, et, même encroyant de bonne foi représenter exactement deschoses dont on vient d’être témoin, on n’en donnesouvent qu’une peinture imparfaite et trompeuse.Tous les partis ont eu leurs écrivains, et les ou-vrages de ceux qui aspirent à l’impartialité con-servent toujours quelque empreinte des passionsau milieu desquelles ils ont été écrits.
Tant que la révolution régna en France, on n’envit publier que d’éphémères apologies; ses auteurset ses adhérents s’inquiétèrent peu d’en écrirel’histoire. La plupart des histoires de la révolution,publiées alors, le furent par ses ennemis et à l’é-tranger ; c’est d’après leurs écrits que l’Europe along-temps si mal jugé les personnes et les choses.
Lorsque l’homme extraordinaire qui était sortide la révolution s’en fut emparé pour s’élever aupouvoir, elle pâlit aux yeux de la multitude éblouiepar l’éclat personnel de Bonaparte, et parut presque