I'â'8 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE,la saison de l’inondation, l’ennemi pouvait péné-trer facilement dans le pays. Tout était ouvertdevant lui. 11 ne pouvait être arrêté dans sa mar-che que par quelques corps d’armée occupant lespoints resserrés entre le Nil et les lacs. Des for-tifications , pour défendre le passage des bouchesdu fleuve, pouvaient le gêner dans ses opérations ;mais elles n’étaient rien sans la protection d’unearmée.
Du côté de la Syrie, les difficultés qu’offrait lepassage du désert n’étaient pas insurmontables.Une fois vaincues, le pays était entièrement ouvert.
Si les Turcs, seuls ennemis dont Bonaparte put,dans le principe, prévoir l’attaque, pénétraient ,dans l’intérieur du pays, c’était seulement avecune armée qu’on pouvait les combattre et con-tenir la population. Toutes ces considérations ledéterminèrent donc à adopter pour principe quel’Egypte devait être défendue par une armée,plutôt que par des fortifications.
Cependant la difficulté des transports , le genrede nourriture'des habitans, si différent de celuides Français, et le besoin de réunir d’avance dessubsistances sur les points où l’armée aurait às’assembler, exigeaient qu’on y format des maga-sins de vivres et de munitions. Pour la sûreté desdépôts, il fallait les protéger par des postes for-tifiés. Il convenait que ceux de ces postes quiétaient sur l’extrême frontière fussent en état derésister aux attaques de l’ennemi, en attendant laréunion de l’armée.