220 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
général saisit le moment d’irrésolution de l’ennemiet prit à son tour l’offensive. Il lança sur Fouliune colonne de 200 grenadiers , commandés parle général Verdier. Elle s’avança avec audace enfaisant pleuvoir un feu terrible de droite et de gau-che sur un corps de fantassins ennemis qui s’op-posait à son passage, et le village fut enlevé à labaïonnette. Serré entre Kléber et Rampon, lepacha de Damas sentit qu’il ne pouvait plus tenirle champ de bataille, et qu’il ne lui restait plus desalut que dans une prompte fuite.
Il résolut de faire sa retraite sur Naplous et sedirigea sur le village de Noures, seul point dontil ne lût pas coupé; mais, à l’instant même, lecorps du général Vial, qui n’avait point encoreparu, se déploya à la rencontre des Turcs et leurferma le passage. Les carrés de Kléber, Vial etRampon, conformément au plan du général enchef, formaient les trois côtés d’un triangle équi-latéral , et, marchant dans une direction concen-trique , faisaient tourbillonner les Turcs au mi-lieu de la plaine. Foudroyée par l’artillerie ,repoussée de toutes parts par la fusillade oul’arme blanche , après des efforts inouïs pours’ouvrir un passage vers son camp et ses maga-sins, l’armée ennemie se précipita derrière leMont-Thabor et s’écoula en désordre vers le Jour-dain. Un corps d’infanterie la poursuivit au pasde charge et la poussa, la baïonnette dans lesreins, sur le chemin d’Erbed, d’où elle gagna lepont de Medjameh. La terreur des fuyards futtelle, qu’emcombrés au passage du pont, ils se