Band 
[Tome V.]
Seite
219
JPEG-Download
 

GUERRE d’ÉGYPTE. — CHAP. XI. 2l<)

L’adjudant-général Leturq , avec la cavalerie ,fut chargé de couvrir le village de Djenine , pourcouper ia retraite de l’ennemi sur ce point, etcontenir les Mamlouks , s’ils faisaient mine devouloir prendre part au combat.

Les deux corps, commandés par les généraux Vialet Rampon , s’avancèrent d’un pas rapide vers lechamp de bataille , et, quand ils n’en furent pluséloignés que d’une-demi lieue, le général en chef,pour instx’uire Kléber de son approche, ordonnaune décharge de toute son artillerie. Ce signal futcompris de tous les soldats ; la fatigue fut oubliée,et des cris de joie s’élevèrent de tous les rangs.Kléber mit h profit ce mouvement d’enthousiasme,et ordonna de redoubler le feu sur tous les points.Les règles de l’art prescrivaient à Abdallah dedétacher sur-le-champ une partie de son arméepour marcher à la rencontre de Bonaparte, tan-dis que le reste de sa troupe aurait écrasé la di-vision Kléber; mais frappé de stupeur, et ignorantles plus simples dispositions de la tactique mili-taire, il ne prit aucune mesure pour déjouer lamanoeuvre du général en chef. Cependant, ras-suré bienlôt par la supériorité numérique de sacavalerie, il voulut tenter un dernier effort etdonna une nouvelle charge, lorsque tout h coupBonaparte parut sur le champ de bataille. Lecarré, commandé par l’intrépide général Rampon,s’avança dans la plaine, tambour battant, l’armeau bras, et attaqua les Turcs en flanc et à dos.Ceux-ci, pour lui faire face, ralentirent le combatacharné qu’ils livraient à la division Kléber. Ce