244 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
nus dans le dernier assaut parurent tels au géné-ral en chef, qu’il résolut d’en donner un nouveaule 21 floréal. Il se porta lui-même dans la tran-chée à deux heures du matin, pour reconnaîtreles progrès du feu de la veille et de la nuit, etpour disposer l’attaque. Il espérait surprendreles assiégés, et pouvoir se loger en force sur lerempart* Au moment où il observait la brèche ,une bombe lancée par l’ennemi tomba à ses pieds.Deux grenadiers se jetèrent sur lui, le placèrententre eux, et le couvrirent en élevant leurs brasau-dessus de sa tête. La bombe éclata, et per-sonne n’en fut atteint h Le général Verdier con-duisit les troupes à l’assaut ; elles parvinrent aupoint indiqué , surprirent les gardes et les égor-gèrent. Bonaparte s’avança lui-même jusqu’au piedde la brèche, cherchant à exalter le dévoûmentdes soldats par son exemple, et resta pendantquelques instans exposé au feu des remparts.Mais arrêtés par le retranchement intérieur qu’illeur fut impossible de franchir, ils furent obligésde se retirer, rapportant au camp le général Bon,blessé à mort dans l’assaut.
Les batteries des assiégeans continuèrent de\jouer pendant toute la journée. A quatre heuresdu soir, la division Kléber, qui venait d’arriver,sollicita et obtint l’honneur de monter à la brèche.Formée en colonne d’attaque, elle marchait pleined’ardeur et de confiance , commandée par Kléber
' Un de ces grenadiers, nommé Doménil, devint dans la suitegénéral, et perdit une jambe dans la campagne de Russie.