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[Tome V.]
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2C0 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.

depuis soixante jours; ils avaient échoué dansonze assauts, et la lenteur du siège commençaità exciter des murmures dans l’armée. Tant que laville de Saint-Jean-d’Acre n’avait eu pour garni-son que les débris de l’armée de Djezzar, Bona-parte avait espéré de pouvoir s’en rendre maître ;mais depuis l’arrivée de la flotte turque , la facedes choses était changée. Il dut renoncer dès lorsà une conquête qui eût exigé le sacrifice d’unegrande partie de ses troupes. Trois équipagesd’artillerie de siège avaient successivement étédébarqués à Jaffa, et le général en chef avait alorsassez de bouches à feu pour brûler la ville et raserses murs ; mais il eût fallu faire le siège de chaquemaison, et les Turcs , n’attendant du vainqueurque la mort, étaient déterminés à se défendrejusqu’à extinction. En entrant dans la place , lesFrançais avaient, en outre , à craindre un ennemibien plus redoutable que l’armée chargée de sadéfense; c’était la peste. Ce fléau exerçait d’énor-mes ravages sur une population resserrée dansune étroite enceinte ; les symptômes en étaientterribles, et en 36 heures on était emporté aumilieu de convulsions pareilles à celles de la rage.Tous ces motifs étaient déjà assez puissans pourdéterminer Bonaparte à rentrer en Égypte ; maisquand il fut instruit de tous les troubles qui l’a-vaient agitée pendant son absence, il conçut dejustes inquiétudes pour la sûreté de sa conquête ,et prit la résolution de repasser le désert.

Le 28 floréal ( 17 mai), il adressa cette procla-mation à l’année :