GUERRE D’ÉGYPTE. - CHAP. XI. 273
Au milieu de toutes ces contradictions sur lelieu et la nature du délit, quel tribunal se croiraitassez éclairé pour prononcer une condamnation ?
Il appellerait au moins deux témoins essentiels auprocès , les médecin et chirurgien en chef de l’ar-mée. Voici leurs dépositions :
« Tous les blessés, dit Larrey, furent évacuésen Egypte pendant le siège ou à l’époque du dé-part de l’armée. Huit cents passèrent par les dé-serts, et 1,200 par mer, dont la plupart s’embar-quèrent à Jaffa. L’une et l’autre traversée furentextrêmement heureuses, car nous n’en perdîmesqu’un très-petit nombre.
C’est au général Bonaparte que ces honorablesvictimes durent principalement leur salut, et lapostérité ne verra pas sans admiration , parmiles vertus héroïques de ce grand homme , l’actede la plus sensible humanité qu’il exerça à leurégard.
Le manque absolu de moyens de transport, ré-duisait tous les blessés à la cruelle alternative,ou d’être abandonnés dans nos ambulances, etmême dans les déserts, exposés à y périr de soif oude faim, ou d’être égorgés par les Arabes. Bona-parte ordonna que tous les chevaux qui se trou-vaient à l’armée, sans en excepter les siens, fus-sent employés au transport de ces blessés : enconséquence, chaque demi-brigade ayant été char-gée de la conduite de ceux qui lui appartenaient,tous ces braves arrivèrent en Égypte, et j’eus lasatisfaction de n’en pas laisser un seul en Syrie.
L’ordonnateur en chef d’Aure, administrateur
TOME IJ. — GUERRE D’ÉGYPTE. l8