274 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
aussi zélé qu’habile, m’aida beaucoup dans toutesles opérations de mon service, surtout dans l’é-vacuation pénible de Jafïà , où son zèle et son hu-manité se sont signalés.
La ville de Jaffa était délabrée et abandonnéed’une grande partie de ses habitans. Tous nos ma-lades et blessés qui avaient voyagé le long de lacôte en remplissaient les hôpitaux, le port et lesrues voisines. Jamais je n’ai vu un tableau plusdéchirant. Nous passâmes trois jours et trois nuitsà les panser; ensuite j’embarquai les plus gravespour Damiette , et fis passer les autres par les dé-serts en Égypte. Il est difficile de se l’aire une idéedes fatigues que les chirurgiens de l’armée essuyè-rent dans cette circonstance '. »
Écoutons à son tour Desgenettes :
« Le 6 prairial au matin, dit-il, il y avait àJaffa 170 fiévreux, et le soir 25o, fournis dans lejour par l’évacuation du Mont-Carmel et quelquestraîneurs. Cinquante furent évacués sur Qatieh.
Le 7, sur 200 malades existans dans l’hôpital,5o seulement pouvaient être évacués sur des mon-tures , le reste ne pouvait l’être que sur des voi-tures ou des brancards. Parmi ces derniers , ungrand nombre était sans aucun espoir de guérison,'et il était probable qu’il en périrait i5, 20, etjusqu’à 2& par jour. Je fis sentir à l’autorité su-périeure l’inutilité et les dangers d’une évacuationde malades réduits à cette extrémité ( n os . 23 i et
1 Relation chirurgicale de l'armée d’Orient, pages 117, 1 1 9et i 5 o.