GUERRE D’ÉGYPTE. - CHAP. XI. Z r J r J
l’ennemi. Le 12, l’armée campa à Kan-Iounes ,et alla coucher le i 3 à El-Arych. Elle y trouvades magasins bien approvisionnés , et y laissa unepartie des bestiaux qu elle avait pris pendant laretraite ; mais elle commença à souffrir de la cha-leur. Le sable du désert faisait monter le ther-momètre de Réaumur à 44 degrés ; l’atmosphèreétait à 34 - Le fort d’El-Arich étant d’une grandeimportance pour la défense de l’Egypte du côtéde la Syrie , le général en chef ordonna des tra-vaux pour en augmenter les fortifications et ylaissa une garnison de 600 hommes. L’armée enpartit le 14 prairial. Les soldats, en parcourantces vastes plaines de sable, s’égayaient sur lagénérosité de Bonaparte qui avait promis à Tou-lon, au moment du départ, de leur donner àchacun sept arpens de terre. « Il peut bien endonner• à discrétion, disaient-ils ; nous n'en abu-serons pas . » Ils avaient aussi sans cesse à labouche ces vers de Voltaire :
Les Fi ançais sont lassés de chercher désormaisDes climats que pour eux le destin n’a point faits ;
Ils n abandonnent point leur fertile patriePour languir aux déserts de l’antique Arabie.
lie général en chef causait volontiers avec lesgens du pays qu’il rencontrait dans sa route , etleur montrait des sentimens de justice dont ilsétaient frappés. Une tribu arabe vint au-devantde lui pour le saluer et lui offrir ses services pourles transports. Le chef était malade, et s’étaitfait remplacer par son fils. Il était d’une petite