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[Tome V.]
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Z'jS HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE.

taille, vif, intrépide, conduisait sa troupe avecordre et hauteur. Il se présenta au général enchef, marcha pendant quelques temps à ses côtés,le serrant de très-près , et causant avec beaucoupde familiarité. « Sultan Ifébir, lui dit-il, j'auraisun bon conseil à vous donner.—Eh bien, parle,mon ami, je le suivrai, s’il est bon. -—Voici ceque je ferais si j’étais à votre place. En arrivantau Kaire, je ferais venir le plus lâche marchandd’esclaves et je choisirais pour moi les vingt plusjolies femmes ; je ferais venir ensuite les plusriches marchands de pierreries et je m’en feraisdonner une bonne part. J’en ferais autant avectous les autres -, car à quoi bon régner si ce n’estpour acquérir des richesses? — Mais, mon ami,s’il était plus beau de les conserver aux autres? »Cette maxime parut le faire penser, mais non leconvaincre.

Les blessés qui n’avaient pu être évacués parmer et qui suivaient l’armée dans sa retraite , n’a-vaient pour toute nourriture que quelques ga-lettes de biscuit et un peu d’eau douce ; on lespansait avec l’eau saumâtre des puits que l’ontrouvait en, route. Un grand nombre d’entre eux,alfectés de blessures graves à la tête et à la poitrine,ou privés de quelques membres , traversèrent 60lieues de désert sans nul accident, et presquetous, en rentrant en Égypte, se trouvèrent gué-ris. Les causes de ce promptrétablissement étaientle changement de climat, l’exercice, les chaleurssèches du désert et la joie que chacun d’eux éprou-vait à son retour dans un pays qui, par les cir-