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GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. XII. 299
En attendant , il fît reposer ses troupes, cons-truire des fours et préparer une caserne pour5oo hommes. Les vivres y étaient à très-bas prix ;le pain à un sou la livre, la douzaine d’œufs à2 sous, la couple de pigeons à 3 , une oie de i5 li-vres à 12. Mais Mourad-Bey profitait de cetteinaction pour susciter de toutes parts des enne-mis, les Arabes de Jedda, d’Yambo, de la Nubie,et pour faire insurger les fellah sur les derrièresdes Français, afin d’attaquer et de détruire leurflottille.
Le 12 nivôse , Desaix fut informé qu’un rassem-blement considérable se formait près de Souaqyeh,à quelques lieues en avant de Girgeh. Il avait dé-siré de voir éclater promptement les projets desinsurgés, afin d’avoir le temps d’en faire un vi-goureux exemple , et d’être le maître dans lepays, pour y lever l’argent dont il avait besoin.Il fit partir Davoustavec sa cavalerie. Ce généralrencontra , le 14, une troupe de 7 à 800 hommesà cheval et de 3,000 hommes à pied; ils furentaussitôt battus qu’attaqués , il en resta 800 sur lechamp de bataille.
La cavalerie rentrait à Girgeh lorsque Desaixapprit qu’il se formait à quelques lieues de Syoutun rassemblement beaucoup plus considérable etcomposé de paysans à pied et à cheval, venus laplupart des provinces de Minieh et de Beny-Soueyf. Le retard de la flottille donnait de vivesinquiétudes. Desaix fit repartir Davoust pour allerà sa découverte. Arrivé, le 19, au village deTahtah, il fut attaqué par plus de 2,000 chevaux