3o4 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE,combattre, s’enfoncèrent dans l’affreux pays deëBarabras , au-dessus des cataractes, à 4 jours déSyène. Le 14 , Desaix traversa le Nil pour occupercette ville, sur la rive droite. Le'même jour, undétachement se porta sur l’île de Philœ, autrefoisdernière limite du vaste empire romain. On ren-contra , à travers les rochers de granit, les car-rières où l’on détachait les blocs qui servaient àfaire ces statues colossales dont les ruines frap-pent encore d’étonnement et d’admiration.
Des montagnes hérissées d’aspérités noires etaiguës, réfléchies d’une manière sombre dans leseaux du Nil, resserré par une infinité de pointes degranit qui le partagent en déchirant sa surface etle sillonnent de longues traces blanches ; ces for-mes et ces couleurs austères , contrastant avec levert des groupes de palmiers parsemés dans lesrochers, et avec le plus beau ciel du monde, voilàle tableau que présente ce qu’on appelle la cata-racte et qui n’en mérite pas le nom. Ce n’est qu’unbrisant du fleuve qui s’écoule à travers les ro-ches, en formant, dans quelques endroits, descascades peu sensibles, de quelques pouces dehauteur.
On y trouva plus de 5o barques que les Mam-louks y avaient remontées avec des peines infi-nies , et qu’ils avaient été forcés d’y aban-donner \
Le terme de la marche des Français en Égypte
' Berthier dit dans sa relation qu : il y en avait i5o; tuais De-saix, dans la sienne : plus de 5o barques et beaucoup d’effets.