GUERRE d’ÉGYPTE. - CHAP. XII. 3û5
fut inscrit sur un rocher de granit. Le drapeaude la République flotta sur les cataractes et, dèsce moment, la Haute-Egypte fut pour ainsi direconquise.
Les habitans de l’île de Philoe l’avaient quittéeet s’étaient retirés dans une seconde île plusgrande, d’où ils faisaient entendre des cris. Ilsrefusèrent d’envoyer une barque qui était de leurcôté. A défaut d’embarcations , on ne put entrerdans l’île et on retourna à Syène. Desaix y laissaBelliard avec la 21 e . légère et en partit le 16 avecsa cavalerie, répartie sur les deux rives du Nil,pour retourner à Esné, où était resté le généralFriant. Son intention était d’occuper le pays de-puis Syène jusqu’à Girgeh, par des cantonne^-mens, pour lever les impositions.
Syène n’était plus qu’un grand village , maismieux bâti et avec des rues plus droites que lesvillages ordinaires , et très-peuplé, au milieu du-quel était un château turc, masqué de tous côtéset qui ne pouvait être d’aucune défense. Belliards’y établit. On fit des lits , des tables, des bancs ;on se déshabilla , on se coucha. Après une marcheaussi fatigante que rapide, ce fut une véritablevolupté pour le soldat. A peine y était-on établidepuis deux jours que déjà il y avait dans les ruesdes tailleurs , des cordonniers , des barbiers , destraiteurs français avec leur enseigne. Bientôt aprèson ajouta le superflu au nécessaire. On eut desjardins, des cafés, des j,eux publics et des cartesà jouer. Au sortir de la ville, une allée d’arbres
TOME II. —GUERRE d’ÉGITTE.
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