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[Tome V.]
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3l4 HISTOIRE DE NAPOLÉON BONAPARTE,ils réunis qu’il vint attaquer sur le Nil, à la hau-teur cle Benout, les barques que Desaix avaitlaissées en arrière , et qu’un vent du nord très-violent empêchaient de descendre. L’Italie ré-pondit par une canonnade terrible et tua ioo Ara-,bes d’Yambo. Les ennemis parvinrent à s’emparerdes petites barques, mirent à terre les munitionsde guerre et les objets d’artillerie, les remplirentde monde , et coururent à l’abordage sur VItalie.Le commandant de cette djerme, le courageuxMorandi , redoubla ses décharges à mitraille,mais ayant déjà beaucoup de blessés à son bord ,et voyant un grand nombre de paysans qui al-laient l’attaquer par la rive gauche , il crut trou-ver son salut dans la fuite ; il mit à la voile; ilavait peu de monde pour servir ses manoeuvres ;le vent était très-fort, la djerme échoua. Alorsles ennemis abordèrent de tous cotés ; l’intré-pide Morandi refusa de se rendre ; n’ayant plusd’espoir, il mit le feu aux poudres de son bâti-ment, et se jeta à la nage. Il fut aussitôt assaillipar une grêle de balles et de pierres et périt dansles tourmens. Tous les Français qui échappèrentaux flammes de VItalie furent massacrés par lesArabes d’Yambo. Cet avantage reboubla leur au-dace.

Après avoir dépassé la ville de Qeft, l’ancienneCoptos, Belliard apprit le funeste sort de la flot-tille ; il vit déboucher trois colonnes nombreusesd’infanterie et plus de 3 à 4«o Mamlouks, et for-ma sa petite troupe en carré. U n’avait qu’une