Buch 
Exposé du mouvement commercial entre la Suisse et l'Autriche pendant les années 1840 et 1845 / par le Dr A. de Gonzenbach
Entstehung
Seite
182
JPEG-Download
 

Comme limportation a été admise plus haut pendant la même année à 23,007 quintaux dontla valeur est de 6,199,138 fr. de Fr. , la Suisse aurait importé 19,290 quintaux de plus quelle naexporté. Par conséquent elle aurait eu à payer 4,068,604 fr. de Fr. pour sa consommation en plusde toileries.

Cependant il ne faut pas perdre de vue quon na pu avoir égard à lexportation par la fron-tière de Sardaigne, de même quà lexportation éventuelle qui se fait par la voie du commerceinterlope. Mais , lors même quon porterait en ligne de compte ces deux espèces dexportation , laSuisse aurait toujours à payer annuellement à létranger environ 3 millions de fr. de France poursa consommation de toileries, dépense quelle pourrait facilement éviter, si elle ranimait à l'inté-rieur lindustrie linière.

Si les fabricants suisses étaient convaincus quil y a plus à gagner sur la toile que sur le coton,lindustrie linière reprendrait dautant plus certainement et sans avoir recours aux droits protecteurs,que tous les éléments pour cette industrie existent encore dans le pays.

Si lon faisait peser en Suisse des droits élevés sur limportation des toileries , il est certainque cette industrie se relèverait, car il y aurait des bras et des forces pécuniaires qui sy adon-neraient de nouveau, lesquels sont actuellement occupés dans lindustrie cotonnière; mais la richessenationale gagnerait à peine quelque chose , si on privait de ses forces une industrie qui est lloris-sante sans protection artificielle pour les reporter sur une autre industrie qui ne peut exister quàla faveur de droits protecteurs. La conséquence immédiate de cette mesure serait que la Suissepaierait plus cher quelle ne la fait jusquici sa consommation de toileries et quen outre elle ex-porterait moins détoffes de coton , que par conséquent létranger lui bonifierait moins de main-dœuvre : car il est impossible quune nation puisse exploiter simultanément et avec le même degrédimpulsion toutes les branches dindustrie, et je doute quil fût avantageux pour la Suisse, commeÉtat, que sa population industrielle saugmentât encore dune manière considérable, proportion-nellement à sa population agricole.

Si cette assertion est juste, il est assurément plus avantageux pour nous de tirer à bon marchéles toileries de lIrlande et de la Saxe que de les produire nous-mêmes à un prix élevé, puisquuneindustrie, qui na grandi quà la faveur dune protection artificielle, ne pourrait pas non plus sur-monter sur les marchés étrangers la concurrence de lindustrie de même nature dautres États,concurrence quelle ne peut soutenir dans le pays même.

*

* -X-

Je termine ici le parallèle entre le sort quont éprouvé lindustrie cotonnière, lindustrie séricicoleet lindustrie linière sous lempire du système prohibitif et le sort que ces mêmes branches dindustrieont éprouvé sous lempire du système de la liberté commerciale. Je crois avoir démontré que lin-dustrie cotonnière et lindustrie séricicole ont tout aussi bien, si ce nest mieux, prospéré en Suisse