AVANT PROPOS.
liES routes nombreuses, la plupart de création nouvelle, qui traversent la Suisse, et par-mi lesquelles se distinguent surtout les chaussées établies sur les montagnes pour servir decommunication entre l’Allemagne et l’Italie, les édifices publics et particuliers, du meil-leur goût, élevés à grands frais de toutes parts, les vêtements du peuple, sa nourriture etses habitations, des troupeaux riches et florissants, des champs bien cultivés, de nombreuxétablissements industriels, voilà tout autant d’éléments qui expliquent l’opinion favorableque l’étranger qui parcourt la Suisse, se forme sur l’aisance peu commune dont ce paysjouit.
Ce jugement, fondé sur l’aspect extérieur du pays semble justifié par le prix élevédes biens-fonds et de la main d’œuvre, par l’augmentation annuelle des produits de l’agri-culture, de l’éducation du bétail et de l’industrie, par les budgets cantonaux toujours enprogression croissante, par les dépenses considérables que les Cantons sont dans le cas defaire pour l’éducation du peuple, les établissements d’instruction supérieure , l’état mili-taire et les facilités de la circulation sans imposer de fortes charges aux populations ; parl’accroissement annuel du produit des droits d’entrée suisses qui sont prélevés sus les im-portations étrangères, par l’état prospère des banques suisses et par la circonstance enfinque la Confédération ne doit rien à l’étranger, et qu’au contraire elle a placé à intérêt audehors des sommes considérables en fonds publics et privés.
Néanmoins, dans ces derniers temps se sont manifestées de diverses parts des appréhen-sions que la Suisse, enlacée comme elle, l’est de tous côtés dans un réseau dédouanés, ne se voieréduite à une position commerciale fâcheuse, et même intolérable dans la suite. Zurich,notamment, qui, jusqu’à présent n’a cessé de plaider pour le système de la liberté du com-