IV
merce auquel le canton doit sa richesse, a commencé à douter de l’opportunité de cesystème, ou du moins de la possibilité de le maintenir dans les conjonctures actuelles.
D’autres cantons ont vu surgir des doutes semblables, alimentés dans la Suisseorientale surtout par les circonstances fortuites du moment. De là des craintes pour l’ave-nir commercial de la Suisse, le vague désir d’un changement dont on se promet aujour-d’hui d’heureux fruits.
Au milieu de ces dispositions dominantes dans une grande partie de la Suisse, con-stater aussi exactement que possible le mouvement du commerce suisse, d’importation etd’exportation dans une période donnée, et en comparer les résultats avec ceux du com-merce d’autres Etats qui rendent hommage à un système autre que celui de la liberté ducommerce , ce nous semble être un travail d’autant moins superflu qu’on en pourra infé-rer avec plus ou moins de certitude jusqu’à quel point sont fondés ou non les doutes etles craintes qui se sont manifestés sur la position commerciale de la Suisse.
Mais les matériaux nécessaires pour un travail de cette nature manquent presquetotalement dans ce pays.
Les registres tenus sur les droits d’entrée suisses sont, pour ainsi dire, les seulesbases bien insuffisantes auxquelles on puisse recourir pour la supputation des importa-tions de marchandises étrangères en Suisse. Ces registres ne fournissent aucune donnéesur les importations des objets de première nécessité, ni sur les marchandises qui y entrentseulement en transit ou sont destinées au commerce intermédiaire.
Il n’existe sur les exportations de la Suisse aucune espèce de contrôles; ceux qui sonttenus sur la consommation intérieure sont fort incomplets, attendu que la législation suissesur les impôts, connaît à peine les droits de consommation, les accises etc., qui ailleursfacilitent à un si haut degré les travaux statistiques. Il a donc fallu chercher au dehorsles matériaux nécessaires au travail projeté, puisque ce n'est que sur les données fourniespar les registres de l’exportation et de l’importation tenus dans les bureaux étrangers établisà la frontière suisse, qu’on peut assoir un calcul approximatif concernant le commercesuisse d’importation et d’exportation.
Les demandes adressées à ce sujet n’ont pas abouti à procurer des renseignementségalement complets de toutes parts. Les détails les plus étendus sur le commerce entre laSuisse et la France se trouvent consignés dans le tableau général du commerce de laFrance pendant l'année i84o, publié par l’administration des douanes françaises.