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Concordat de rétor-sion. i 822 .
La prétendue protection que le Gouvernement ne voulait accorder précédemmentqu’à l'industrie indigène, fut étendue a l’agriculture, en ce que l’importation du bétail futaussi frappée de droits plus élevés. Les années 1819 et 1821, l’importation du blé et dela farine devint l’objet de nouvelles impositions ; en général le système de la prohibitionalla toujours croissant de 1817—1821.
La nouvelle loi de 1822 fit plus encore ; elle porta la taxe fixée par la loi de 1816,de 3 fr. par tête pour les bœufs et taureaux, à 50 fr. pour les bœufs graset de 1 fr. par tête pour les vaches . . . à 25 fr. « « vaches grasses
et établit pour les vaches maigres et les génisses un droit de 11 fr.
Les fils de chanvre et de lin, que la loi du 27 Mars 1817 avait imposés de 11 fr.par 100 Kilogrammes, le nouveau tarif les taxait à 24 fr. par 100 Kilogrammes.
Le droit sur le linge de table que la loi du 27 Mars 1817 avait fixé à 150 frcs.par 100 Kilogrammes, fut prélevé par la nouvelle loi à raison de 250 frcs. sur le lingede table ordinaire et de 500 frcs, sur le linge de table damassé.
En pareilles conjonctures, les Cantons durent aviser sérieusement à mettre àcouvert le commerce Suisse si gravement menacé.
La Confédération ayant été conviée par une note du ministre des affaires étrangèresdu royaume de Wurtemberg, d. d. 4 Juillet 1822 et par une note du ministre des affairesétrangères du Grand duché de Bade, d. d. 18 Mai de la même année, à se joindre auxmesures que plusieurs élats méridionaux de l’Allemagne s’étaient vus contraints de prendrepour s’opposer aux entraves commerciales créées par la France, la Diète se vit dans lecas de faire de cette question l’objet de délibérations approfondies.
A l’occasion de ces débats le député S‘ Gallois ( Miiller-Friedberg) dit le 8 et 9Juillet 1822 : «que l’époque offrait tout-à-fait le caractère d’une guerre secrète d’anéan-«tissement déclarée par les grand-Etats au commerce et à l’industrie des petits, d’une«guerre qui ruinait sans pitié voisins et amis, sans valoir toutefois à l’Etat puissant«aucun avantage réel ou du moins certainement aucun profit stable. Que les états alle-«mands se disposant à la résistance dans cette lutte, la Suisse devait en faire autant, si«elle ne voulait pas, oppressée également des deux côtés, périr entièrement.»
Dans la délibération ouverte à cette occasion, on rendit généralement hommage auprincipe de la plus grande liberté de commerce possible envers tous les états qui l’obser-vent aussi vis-à-vis de la Suisse. On sentit bien que la Suisse, sans grandes ressourcesnaturelles, entièrement séparée de la mer, avec une population industrielle et active sansdoute, mais beaucoup trop forte pour l’étendue du pays et sa fertilité, ne peut pas seconsidérer comme un état fermé, et de son côté établir un système dit d’isolement.
En revanche, on était d’avis, que le principe de la liberté du commerce ne pou-vait être maintenu en Suisse, qu’aussi longtemps qu’il serait plus on moins suivi dansd’autres Etats.