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«et de ceux encore plus urgents de notre exportation, qui d’un autre côté auraient«été calculées sur la manière d’agir d’autres Etats à notre égard — un pareil système«issu de l’accord entre confédérés, appliqué au nom de la Confédération entière pour la«conservation de graves intérêts nationaux — aurait bien pu occasionner au commencement«quelque malaise, certaines privations , peut-être quelques froissements locaux momentanés,«mais il aurait certainement assuré plus tard d’une manière durable des avantages pré-«pondérants et décisifs pour toute la Suisse, en exerçant une action vivifiante sur ses«propres forces productives , en lui prêtant une arme défensive, qui à la longue n’au-«rait pas laissé de se faire sentir à l’étranger, et avant tout, en fournissant à la Con-«fédération les moyens de se créer des relations commerciales plus honorables, plus«avantageuses et plus solidement assises. La Suisse sait depuis longtemps par sa propre«expérience, que le support et l’inertie dans le malheur, que les plaintes et les représen-tations ne procurent aucun soulagement. Agir soi-même, se tendre mutuellement et«fraternellement la main en réunissant ses efforts à ceux de ses voisins également opprimés,«voilà ce qu’il aurait fallu faire. Telle est du moins notre conviction, et aujourd’hui«nous déplorons la non-réussite d’une entreprise patriotique qui ranimait de nouvelles«espérances. Ce n’est pas sur des espérances contredites par l’événement que nous«gémissons mais sur des espérances évanouies avant texécution , et nous désirons vivement«qu’une apathie nationale née du défaut de s’entendre , n’entraîne pas d’autres consé-«quences plus déplorables pour la Suisse.»
Comme on pouvait le prévoir, les Etats de Berne , Unterwald-le-bas, Zug , Glaris,Fribourg, Soleure, Schaffouse , Jppenzell, St, Gall, Argovie , Thurgovie et Vaut! déclarèrentle 27 Juillet 1824, qu’à dater du 1 Octobre 1824, l’exécution du concordat de rétorsionserait abolie sur leur territoire, tout en se réservant, s’ils le trouvaient bon, d’exclurede chez eux les produits de pays étrangers ou de les imposer d’un droit.
Ainsi finit le concordat de rétorsion, qui quoique n’ayant d’aucune manièrerépondu aux espérances qu’on y fondait, n'en existe pas moins comme un acte ho-norable de l’indépendance suisse.
En Octobre de 1824 , Charles X était monté sur le trône de France ; ses dis-positions amicales pour la Suisse étaient connues ; on croyait pouvoir admettre que leressentiment du Gouvernement, français momentanément provoqué par le concordatde rétorsion serait apaisé par la suppression de cette mesure, et on résolut encore dechercher à obtenir en faveur du commerce les allègements désirables, par la voie déjàsi souvent tentée des représentations.
Charles X<824.
Par ordre du Directoire le Chargé d’affaires suisse à Paris adressa le 5 Mai 1825au Gouvernement français, une nouvelle réclamation dans la quelle on demandait en