— 128
d’hommes d’Etat éclaire's de la France seront disposés en tout temps à écouter favorablement nos de-mandes de plus grandes facilités commerciales. Il ne saurait échapper aux consommateurs français quedes prohibitions ou des droits protecteurs exorbitants équivalent à un monopole dont le fabricant profiteà leur détriment. A l’abri de ce monopole les fabricants indigènes sont en état de vendre plus cher eten qualité inférieure les mêmes marchandises qu’on pourrait tirer du dehors meilleures et moins chères.-
L’unique et véritable prohibition est par conséquent la libre concurrence ; c’est elle seule qui peutdéterminer le prix des marchandises. Les consommateurs étant intéressés à acheter de bonnes marchan-dises et à bon marché, et tous les objets pouvant être livrés à meilleur compte par suite de la grandeconcurrence résultant de la liberté du commerce, la classe de la société qui forme les 4 / 5 de la nationdoit nécessairement se montrer favorable à toutes les facilités commerciales. Mais cette classe, quoiquede beaucoup la plus nombreuse, n’exerce pas toujours l’influence qui lui est due quand il s’agitde législation. La classe marchande est déjà mieux en mesure d’exercer une influence plus directe àcet égard.
Mais cette classe, l’ame véritable du commerce, tandis que les agriculteurs, les tisseurs, les fileurset les fabricants en général ne sont à considérer que comme les instruments, n’ignore pas que le com-merce gît principalement dans l’échange et qu’il souffre alors qu’il en est réduit aux payements ennuméraire.
Veut-on que le commerce fleurisse entre la Suisse et la France, il importe que les deux payspossèdent autant de moyens d’échange que possible *). Plus la Suisse pourrait exporter de ses produitsen France, plus aussi les produits de la France y rentreraient; car, ainsi que nous l’avons dit, le com-merce consiste essentiellement dans un échange de marchandises, et ce n’est qu’à défaut de celles ci qu’ilrecourt à l’argent comme étant une marchandise qui a partout sa valeur.
Or il est un vaste champ qui se rouvrirait au commerce français , si l’importation suisse n’étaitpas entravée, et qui rapportait précédemment de riches revenus, c’est le commerce intermédiaire entrela Suisse et l’Espagne, les deux continents de l’Amérique, les Antilles et le Levant. Au lieu de fairedirectement le commerce avec ces pays éloignés, la Suisse abandonnerait volontiers les profits à fairedans cette partie à la France qui par sa position topographique et sa marine semble parfaitement placéepour ce commerce.
Plus les moyens d’échange que le commerce français a à offrir à ces Etats seront étendus, plusriche et varié sera aussi le commerce réciproque avec eux.
Si la France ouvrait ses frontières à toutes les fabrications du continent, on trouverait dans ses entre-pôts les toiles de la Silésie et de la Suisse, les draps de Saxe moins chers, les articles de coton, d’horlogerieet de bijouterie de la Suisse etc. **), et les navires américains p. ex. préféreraient sans aucun douteprendre leur chargement dans les ports français ou le plus grand choix des marchandises leur serait
de Humboldt dit: C’est dans l’abondance des choses et non dans l’accumulation d’un signe qui les représenté, que con-siste la richesse des nations.
**) On a fait à cet égard un grand pas en établissant les entrepôts de Marseille, Bayonne, Bordeaux, Nantes, Paris, Lyon,Strasbourg, Bouen , Orléans, Metz et Mulhouse; mais beaucoup de marchandises n’y sont pas transporte'es à cause desformalités gênantes, et ces entrepôts n’ont dèslors pas toute l’importance dont ils seraient susceptibles.