parens. On épargne aussi sur les tournées, le logement et lesdîners, et au lieu de trois mille francs portés dans l’état, onn’en dépense que le tiers. On a vu des préfets pousser la spé-culation jusqu’à gagner sur des fournitures, meubler leurs mai-sons pour y recevoir Bonaparte, se faire payer par des entre-preneurs de jeux d’hasard, ou avoir des fonds dans ces entre-prises. On en a vu d’autres influencer les ventes de domainesnationaux, auxquelles ils président d’office, et acquérir desbien-fonds en peu de temps. Mais ces exemples ont été raresà la vérité, et n’ont pas fait réglé. Je pourrais spécifier lesfaits, mais je préviens les lecteurs que je me suis imposé la loide ne nommer les peisonnes, que lorsque les papiers publicsles auront déjà fait connaître : je ne veux ni dénoncer, ni com-promettre personne; mon but est de démontrer à grands traits,que le système actuel de l’administration en France est vicieuxet qu’il porte le germe de sa destruction en lui-nréme. Man-que de connaissances, manque d’attachement, indifférence,goût de la représentation et des plaisirs, désir de s’enrichir,voilà ce que l’on peut reprocher aux préfets.
Mais ce sont plutôt les secrétaires-généraux des préfec-tures que les préfets qui gagneront sur le public. On re-cherche ces places, pour, comme on dit en ternies techniques,les faire valoir. Comme partout au monde les secrétaires fonttout, il en est de même dans les préfectures. Ordinairementces secrétaires-généraux sont des hommes d’affaires, et ils enfont; pendant que les préfets représentent, ils gouvernent.
En descendant des préfectures aux sons-préfectures, onvoit la même chose, proportion gardée. Les sous-préfets, payéségalement par Bonaparte, sont d’aveugles instrumens dans lan lain supérieure. Ce sont de simples commis à expédition etl’isn pourrait dire, de pures machines à copier. Ils reçoiventles circulaires des préfets et les réexpédient aux maires de leurarrondissement. Toute leur tâche se borne ordinairement àajouter quelque phrase exclamatoire. Quelquefois les circu-la ires qu’ils reçoivent des préfets, sont toutes faites, écrites ouimprimées, au nombre nécessaire; et très-souvent les préfets,pour accélérer la marche des opérations, font parvenir leurs cir-culaires directement aux maires, en en prévenant les sous-pré-fe ts. Ces sous-préfets sont des rouages dans la grande machineadiministrative, qui en embarrassent plutôt le mouvement qu’ilsnu l’accèlerent. L’action qui commence au préfet, et finit aumaire, est. arretée au milieu de sa marche, sans recevoir unnouveau degré de force. Point d’avantage pour le gouverne-