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ment dans les sous-préfets, si non qu’ils agrandissent le cadredes représentations par un degré de rang de plus. Point d’avan-tage pour les administrés, puisque ce rouage de plus retardeles décisions, et multiplie les formalités sans but. Aux de-mandes qui montent des maires aux préfets, les sous-préfetsdoivent donner leur avis; mais cet avis, ils sont obligés de letirer des maires, qui connaissent les localités et les personnes,inconnues aux sous-préfets. Ainsi leur avis n’ajoute rienqu’une formalité. 1.a seule opération, où leur activité est for-tement nécessaire, c’est la conscription. Ils sont obligés de lapousser en personne clans chaque commune de leur arrondisse-ment. Ainsi ce sont de mauvaises places que celles des sous-préfets: peu ou point de pouvoir ; des opérations odieuses oude pure formalité; peu de considération; peu d’appointemens etbeaucoup de représentation.
Les places des maires, quoiqu’inférieures en rang, sontbien plus importantes que celle des sous-préfets. Elles sontgratuites, mais leurs rapports avec les habitans sont directs.Si ces rapports étaient pour le bien, un maire serait un hommeheureux; mais ils n’existent que pour des opérations odieuses;là où il y aurait du bien à faire, un habitant ruiné sans sa fauteà secourir, à sauver un honnête homme d’une exécution desrégies financières, à relever un rentier par des sommes que luidoit l’état, à conserver à une famille nécessiteuse un fds cons-crit qui la soutient, là un maire ne peut rien ; il s’intéresse, ildevient le pétitionnaire des infortunés, mais il ne peut pasrépondre du succès de sa demande, quelque juste qu’elle puisseêtre. Lemaire se trouve dans un double rapport : commefonctionnaire du gouvernement pour les mesures générales,dont il est responsable envers celui-ci; et comme chef de lacommune, présidant aux intérêts communaux, administrateurdes biens et revenus de sa commune, et comptable envers elle-Cependant partout, où il y a maniement de fonds, les places:sont importantes, car l’argent décide tout dans le monde. C’estpourquoi celles des maires, quoique purement gratuites d’aprèsla loi, sont briguées.
Les maires ont l’administration des deniers communaux,résultans des baux des bien-fonds ou autres propriétés des-communes, et de l’octroi-municipal, dont les comestibles sontchargés à l’entrée. Ils ont le payement d’appointemens etsalaires à faire aux employés au service de la commune ; ilsont à faire face aux travaux publics, à l’entretien des bàtimenset établissemens communaux, et aux rentes des créanciers de