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*ser l’impulsion nécessaire. Ce sont ceux qui agissent, ainsique les maires. Ces collèges et assemblées, pour flatter lepouvoir, nomment souvent à leur présidence quelque grand-dignitaire, ou quelque parent de Bonaparte, n’eût-il jamaisvu le département.
Nous avons vu que, par le goût du faste et des grandeurs,par l’égoïsme et la parcimonie du gouvernement, les fonctionsexercées par les préfets, sous-préfets et maires, le sont ordi-nairement avec égoïsme et cupidité, avec ignorance et tiédeur;mais il est certain que, quand même elles le seraient avec inté-grité et désintéressement, avec toute l’intelligence et tout l’at-tachement possibles, elles seraient toujours odieuses, tant parla nature des objets qu’elles embrassent, que par l’esprit danslequel elles doivent être exercées. Ces objets sont les contri-butions, la conscription et la police.
Dans aucun pays les fonctionnaires chargés de ces bran-ches de l’administration publique, ne sont aimés. L’hommecommence toujours par calculer ses intérêts et n’est pasporté à donner Le gouvernement qui demande le moins deses sujets, aura toujours le plus de suffrages, et celui qui de-mandera beaucoup, fût-il d’ailleurs le meilleur, ne sera pasaimé. Le gouvernement Français qui demande toujours etdemande beaucoup, qui est toujours à prendre et qui ne donnejamais, comment ferait-il aimer les fonctions dont il charge sesemployés? La multiplicité des contributions est, comme onverra sous le chapitre des Finances, effrayante, et pour toutes,les administrateurs doivent, d’une maniéré plus ou moins di-recte, prêter la main. A l’égard des contributions, ditesdirectes, ce sont eux qui fournissent les listes des habitans,devant former la base ^ies rôles d’impositions; ils fournissentégalement les renseignemens sur les moyens facultatifs dechacun, et par conséquent les élémens aux taxations descitoyens. Toute l’initiative appartient donc aux administra-tions, et cette initiative on peut l’appeler celle du mal, tantles contributions pesent; niais ce qu’il y a de plus cruel, c’estque le remede au mal n’est pas placé dans les mêmes mains,de sorte qu’il est presque sans remede. La répartition dessommes demandées par le gouvernement une fois faite, leslistes et états dressés, le recouvrement s’opère par des fonc-tionnaires qui n’ont aucun rapport avec ceux qui ont réparti.Ce sont des percepteurs, nommés par le gouvernement, quifont rentier lessornmes par tous les moyens exécutoires et quiit’ont d’autre obligation que de percevoir. C’est une autorité