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Notices sur l'intérieur de la France, écrites en 1806 / par M. Faber
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vité du voyageur nest pas celle que réclame le lieu il passe,et le moment qui est présent, mais celle que son caractère etses vues politiques prescrivent. Jai attentivement examinétoutes les dispositions locales dont il a constaté son passagepar des villes et des départemens, je nai jamais vu un véritableacte de générosité, pas même de justice, et voici le systèmeimperturbablement suivi.

La première disposition qui est offerte, ou prescrite auxvilles, cest létablissement dun octroi municipal, ou laug-mentation de celui qui peut exister. Puis on ordonne des tra-vaux publics qui sont réclamés, tels que la fondation dun portdesûreté; dun entrepôt de marchandises prohibées, dit portfranc; la construction dune bourse, dun pont, létablisse-ment dune nouvelle route, ou dun canal ; la réparation dunecathédrale, ou dune prison, ou dun hôpital. La réglé cons-tante est de faire supporter les frais à ceux qui ont besoindun établissement. Si les fonds communaux et les revenusde loctroi ne suffisent pas, on établit des taxes extraordinaires,ou lon ajoute de nouveaux centimes additionnels à ceux queles rôles des contributions contiennent. Les canaux, devantjoindre le au Rhin, le Rhin au Rhône, la Meuse au Rhin,sont tous à exécuter aux frais des habitans. Le fameux canalde Saint-Quentin, qui devait mettre au jour la générosité duchef détat, a fini par devenir une charge pour les habitans desdépartemens quil traverse. Les bourses, les ports à exécuter,sont toujours mis en partie à la charge des commerçans, et enpartie à celle des communes; quelquefois le gouvernementsengage pour une part, cest celle qui fait languir lentreprise,ou qui nest point acquittée. Les habitans des villes de Mont-joie et Cornéli-Münster réclamèrent un chemin de communi-cation : un décret ordonna une augmentation des centimesadditionnels pendant dix ans, pour exécuter le chemin ré-clamé. Dans onze départemens septentrionaux de la Franceles canaux se trouvent délabrés ; pour les réparer un décretordonne une taxe à acquitter par les habitans pendant un nom-bre dannées. Il en est de même au sud, à louest, et à lest,il en est ainsi partout. Tout ce que dans dautres états le gou-vernement exécute moyennant les revenus publics, Bonaparteen fait des charges aux endroits qui en profitent, et semparede la gloire qui en résulte. Lorsque Bonaparte se trouvaiten Avril 1805 à Bnenne, endroit il a reçu son éducationdans lécole militaire, qui y existait sous le régime des rois, lamunicipalité du lieu vint le supplier de. vouloir bien accorderà leur ville un collège, comme un monument commémoratif

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