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vité du voyageur n’est pas celle que réclame le lieu où il passe,et le moment qui est présent, mais celle que son caractère etses vues politiques prescrivent. J’ai attentivement examinétoutes les dispositions locales dont il a constaté son passagepar des villes et des départemens, je n’ai jamais vu un véritableacte de générosité, pas même de justice, et voici le systèmeimperturbablement suivi.
La première disposition qui est offerte, ou prescrite auxvilles, c’est l’établissement d’un octroi municipal, ou l’aug-mentation de celui qui peut exister. Puis on ordonne des tra-vaux publics qui sont réclamés, tels que la fondation d’un portdesûreté; d’un entrepôt de marchandises prohibées, dit portfranc; la construction d’une bourse, d’un pont, l’établisse-ment d’une nouvelle route, ou d’un canal ; la réparation d’unecathédrale, ou d’une prison, ou d’un hôpital. La réglé cons-tante est de faire supporter les frais à ceux qui ont besoind’un établissement. Si les fonds communaux et les revenusde l’octroi ne suffisent pas, on établit des taxes extraordinaires,ou l’on ajoute de nouveaux centimes additionnels à ceux queles rôles des contributions contiennent. Les canaux, devantjoindre le Pô au Rhin, le Rhin au Rhône, la Meuse au Rhin,sont tous à exécuter aux frais des habitans. Le fameux canalde Saint-Quentin, qui devait mettre au jour la générosité duchef d’état, a fini par devenir une charge pour les habitans desdépartemens qu’il traverse. Les bourses, les ports à exécuter,sont toujours mis en partie à la charge des commerçans, et enpartie à celle des communes; quelquefois le gouvernements’engage pour une part, c’est celle qui fait languir l’entreprise,ou qui n’est point acquittée. Les habitans des villes de Mont-joie et Cornéli-Münster réclamèrent un chemin de communi-cation : un décret ordonna une augmentation des centimesadditionnels pendant dix ans, pour exécuter le chemin ré-clamé. Dans onze départemens septentrionaux de la Franceles canaux se trouvent délabrés ; pour les réparer un décretordonne une taxe à acquitter par les habitans pendant un nom-bre d’années. Il en est de même au sud, à l’ouest, et à l’est,il en est ainsi partout. Tout ce que dans d’autres états le gou-vernement exécute moyennant les revenus publics, Bonaparteen fait des charges aux endroits qui en profitent, et s’emparede la gloire qui en résulte. Lorsque Bonaparte se trouvaiten Avril 1805 à Bnenne, endroit où il a reçu son éducationdans l’école militaire, qui y existait sous le régime des rois, lamunicipalité du lieu vint le supplier de. vouloir bien accorderà leur ville un collège, comme un monument commémoratif
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