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de la principale instruction qu’il avait puisée à Brîenne.Bonaparte promit d’accorder la demande, dans le cas où iltrouverait l’ancien bâtiment capable de recevoir le nouvel éta-blissement d’instruction. L’inspection faite, il trouva le con-traire, et comme la commune n’avait pas le moyeh de fairedes fonds pour l’établissement, Bonaparte refusa la demandedes administrateurs de Brienne. On aurait cru que cette foisla politique l’aurait emporté sur l’exigence de son avarice!
Il n’y a pas de générosité dans ce que Bonaparte fait pourles endroits qu’il touche dans ses voyages ; pour les mesuresqu’il ordonne, il ne fournit jamais plus que le décret et sonnom. Les faveurs qu’il accorde, sont toujours des charges,les bienfaits qu’on vante de lui, sont toujours des impôts.J’ai vu des administrateurs et des administrés qui auraientvoulu voir rapporter tel décret, dont on les avait gratifiés.La ville de R*** désire la réparation de son canal encombré,sa misere lui fait espérer d’y retrouver quelque ressource. Lecanal rétabli par l’état, aurait ranimé les espérances de la villedéchue et l’aurait comblée de joie ; c'est ce qu’elle avait de-mandé. Arrive un décret qui lui prescrit de payer pendant sixapnées une augmentation d’impôts, pour faire face aux dé-penses nécessaires. La misere de la ville de R*** augmente,et probablement le canal ne sera jamais achevé. Rien de grand,tien de vraiment libéral n’a été opéré par les fameuses tournéesde Bonaparte : il n’a jamais rendu un acte qui eût soulagé latotalité des habitans d’une ville ou d’une contrée. Il est vraique le délabrement des finances n’aurait pas permis de fairedes largesses positives, dont on voulait se donner l’apparencedans les gazettes, en annonçant des travaux et établissemenspublics, mais il y aurait eu un puissant moyen de faire dubien, sans rien tirer du trésor de l’état. Cette bienfaisancenégative en aurait été une bien véritable. Partout où Bona-parte passait, le peuple était écrasé d’impôts. Si dans telleville il eût remis le droit d’enrégistrement pour un an, qu’ileût dispensé telle autre commune pour un an de contribueraux droits réunis, ou seulement des patentes, ou de la taxedes portes et fenêtres; qu’il eût remis dans un seul arrondisse-ment rural les arriérés de la contribution foncière, il auraitfait un véritale acte de largesse, qui eût été signalé par la re-connaissance. Louis XIV remit aux peuples, lorsque Colbertvint à remplacer Fouquel, tout ce qui était dû d’impôts de-puis 1647 jusqu’en 1656, et en outre trois millions de tailles.Bonaparte cherche les grands modèles à imiter, il va les cher-cher au loin, et il n’ust pas capable de faire pour un seul en-