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Notices sur l'intérieur de la France, écrites en 1806 / par M. Faber
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de la principale instruction quil avait puisée à Brîenne.Bonaparte promit daccorder la demande, dans le cas iltrouverait lancien bâtiment capable de recevoir le nouvel éta-blissement dinstruction. Linspection faite, il trouva le con-traire, et comme la commune navait pas le moyeh de fairedes fonds pour létablissement, Bonaparte refusa la demandedes administrateurs de Brienne. On aurait cru que cette foisla politique laurait emporté sur lexigence de son avarice!

Il ny a pas de générosité dans ce que Bonaparte fait pourles endroits quil touche dans ses voyages ; pour les mesuresquil ordonne, il ne fournit jamais plus que le décret et sonnom. Les faveurs quil accorde, sont toujours des charges,les bienfaits quon vante de lui, sont toujours des impôts.Jai vu des administrateurs et des administrés qui auraientvoulu voir rapporter tel décret, dont on les avait gratifiés.La ville de R*** désire la réparation de son canal encombré,sa misere lui fait espérer dy retrouver quelque ressource. Lecanal rétabli par létat, aurait ranimé les espérances de la villedéchue et laurait comblée de joie ; c'est ce quelle avait de-mandé. Arrive un décret qui lui prescrit de payer pendant sixapnées une augmentation dimpôts, pour faire face aux dé-penses nécessaires. La misere de la ville de R*** augmente,et probablement le canal ne sera jamais achevé. Rien de grand,tien de vraiment libéral na été opéré par les fameuses tournéesde Bonaparte : il na jamais rendu un acte qui eût soulagé latotalité des habitans dune ville ou dune contrée. Il est vraique le délabrement des finances naurait pas permis de fairedes largesses positives, dont on voulait se donner lapparencedans les gazettes, en annonçant des travaux et établissemenspublics, mais il y aurait eu un puissant moyen de faire dubien, sans rien tirer du trésor de létat. Cette bienfaisancenégative en aurait été une bien véritable. Partout Bona-parte passait, le peuple était écrasé dimpôts. Si dans telleville il eût remis le droit denrégistrement pour un an, quileût dispensé telle autre commune pour un an de contribueraux droits réunis, ou seulement des patentes, ou de la taxedes portes et fenêtres; quil eût remis dans un seul arrondisse-ment rural les arriérés de la contribution foncière, il auraitfait un véritale acte de largesse, qui eût été signalé par la re-connaissance. Louis XIV remit aux peuples, lorsque Colbertvint à remplacer Fouquel, tout ce qui était dimpôts de-puis 1647 jusquen 1656, et en outre trois millions de tailles.Bonaparte cherche les grands modèles à imiter, il va les cher-cher au loin, et il nust pas capable de faire pour un seul en-