Buch 
Notices sur l'intérieur de la France, écrites en 1806 / par M. Faber
Entstehung
Seite
125
JPEG-Download
 

125

droit, et pour une seule année, ce qui a été fait sur les mêmeslieux il vit, pour une suite dannées, et pour tout unroyaume; il faut aussi avouer, il est vrai, que jamais pareilledemande na été faite. On nose former de tels vœux. Onest si accoutumé à souffrir et lon connaît si bien le6prit peuliberal du dominateur, quon ne demande, ni ne désire ce quelon sait ne pouvoir être accordé jamais.

Les mesures locales, ordonnées dans les tournées de Bona-parte, ne présentent pas de générosité ; quels sont les traits dejustice quelles offrent ? Une ville obtient la promesse dêtreremboursée des sommes quelle a été forcée davancer pour laconstruction dune prison, dune maison servant de résidenceaux tribunaux, dune caserne, bâtimens qui doivent êtreélevés par lé-at, ou par des autorités autres que celles de lacommune. Une autre ville reçoit lassurance dêtre liquidéepour des fonds absorbés par des fournitures, faites aux armées.Les habitans dune ville frontière obtiennent la permission defaire entrer les vendanges, provenant de leurs propriétés au de- de la frontière, et regardées jusquici comme des vins étran-gers. Des fabrieans, chefs de filatures de coton, ayant de-mandé que les cotons filés de létranger ne soient pas admispar des bureaux de douanes désignés, reçoivent une décisionfavorable. A la demande dautres chefs de fabriques lintro-duction du fil de fer, nécessaire à la fabrication des aiguilles, etjusquici non confectionné en France, est permise. Un dio-cèse demande que les droits dentrée fixés dans le tarif pour lamorue, formant la principale nourriture des catholiques dansles temps des jeûnes, soient limités. Des chefs datteliers de-mandent des réglemens disciplinaires pour leurs ouvriers et desstatuts pour le temps de leur service, et pour tous les rapportsréciproques entre maître et compagnon. Des négocians de-mandent une distinction pour les droits dentrée de la canelle,et de ceux de la Cassia lignea. Si ces sortes de demandes sontaccordées, on ne fait que terminer des injustices trop long-temps exercées. Le gouvernement ne fait que remplir desdevoirs négligés, il redresse des torts, rectifie des erreurs quinauraient pas être commises, et sessaye dans le métier deladministration, dont on lui indique les lacunes. Quelquesparticuliers qui gagnent directement aux décisions prises, endeviennent les panégyristes, les fonctionnaires font leur métierdans leurs discours et les actes publics, les gazetiers dansleurs articles. Il est facile de paraître juste, tout est in-justice.