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CAMPAGNES
émissaire qui s’avança les yeux levés vers le ciel,et criant à tue-tête d’un air pieux : Rendez-vous,o mesfrères, ou la ville va être mise à feu et àsang.
A cette dévote invitation succéda bientôt unesommation plus régulière, signée Barbotin, au-mônier, et Stofjlel, commandant. Les habitansn’avaient que peu de forces à opposer à cettemasse formidable d’ennemis acharnés. Cepen-dant ils tentèrent de se défendre , et furent lesvictimes de leur courageux dévouement. Le mar-quis de Beauveau , gentilhomme attaché à lacause de la révolution, était alors procureur-syndic de la commune : il tomba l’un des pre-miers sous les coups de ces forcenés. Le combatdura cependant près de cinq heures; un petitnombre de républicains tinrent encore dans lechâteau après la prise de la ville, que les in-surgés menacèrent de brûler, si cette poignée debraves ne se rendait pas immédiatement. Onparlementa ; une capitulation fut accordée.
Six-Sous, chargé de la faire exécuter, com-mença par dépouiller les vaincus et les chargeade fers au mépris de la foi jurée. Le commandantfit ensuite publier une amnistie en faveur despatriotes, à condition qu’ils se rendraient tous au