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CAMPAGNES
mille, le 11 avril; les gendarmes, quoique malsoutenus par les gardes nationales, s’étaient déjàemparés de plusieurs pièces de canon, quand lacolonne venue par la Jumelière parut enfin surle champ de bataille. Il était temps, car lestroupes de réquisition commençaient à lâcherpied. Berruyer parvint à les rallier ; une secondeattaque eut alors plus de succès : les gendarmeset une partie de la garde nationale d’Angers, pé-nétrant dans le bourg, s’emparèrent de cinq ca-nons , et en jetèrent un sixième dans la rivière,api’ès l’avoir encloué.
Le plus grand avantage de cette affaire fut ladélivrance de cent trente-trois prisonniers. On nepeut répéter sans horreur que Y armée chrétiennetraînait ces infortunés à la chaîne depuis le com-bat du 14 mars livré devant Chollet 1 ; on les fai-sait avancer à coups de piques et de bâton; et,au moment d’un engagement, on les plaçait enavant, de manière à ce qu’ils essuyassent le pre-mier feu des républicains, que l’on chargeaitainsi du crime involontaire d’égorger leurs amis,leurs parens, leurs frères 2 !...
' Guerres des Vendéens, t. i, p. i 5 g.
3 Interrogatoire de Joseph Catheiineau, frère du gé-néralissime, 37 mars 179II : « A lui demandé ce qu’ils