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Histoire des guerres de la Vendée depuis 1792 jusqu'en 1796 / par M. Mortonval
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CAMPAGNES

sans prendre l’avis de personne, ou plutôt con-tre l’avis général, avait fait avancer la division deBeaupuy, et le reste de l’armée fut obligé desuivre. Les généraux s’indignaient de voir vingtmille hommes filer sur une seule colonne, par legrand chemin, sans se déployer, ne faisant nullefausse attaque, aucune diversion , et courantainsi se heurter contre un ennemi rangé en ba-taille sur un front étendu, que défendait unenombreuse artillerie. Cette manœuvre inconce-vable était ce que l’imbécille Léchelle appelaitmarcher majestueusement et en masse. Wester-mann, qui avait quelque empire sur cet espritmalade , essaya vainement de l’engager à recon-naître les dangers de cette disposition anti-mi-litaire : tous les efforts de la raison furent im-puissans contre l’opiniâtreté de Léchelle.

Des hauteurs d’Entraines, l’artillerie ven-déenne foudroya d’abord sans obstacle cette têtede colonne dénuée d’appui; et bientôt, se ré-pandant en torrens dans la plaine, les insurgésl’attaquèrent de tous les côtés à la fois et la mi-rent en désordre. Kléber, qui venait à la suitede Beaupuy, prenant alors sur lui de remédierau mal, déploya ses bataillons de droite et degauche du grand chemin, afin de soutenir l’avant-