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CAMPAGNES
C’est dans cette déroute que la barbarie ven-déenne se signala encore par un acte dont lerécit fait horreur'. Un bataillon, cerné par ladivision entière de Stofflet, se rend et met basles armes. Un officier, nommé Scheton, chargéde la garde des prisonniers, les conduit prèsde là dans un vallon resserré, et les fait tous fu-siller de sang-froid 1 .
Au milieu de l’affreuse mêlée, que l’obscu-rité ne tarda pas à rendre encore plus désas-treuse pour les vaincus, les insurgés, entranten même temps qu’eux à Château-Gonthier, lescontraignirent à chercher un refuge au delà decette ville, et continuèrent à les chasser fortloin sur la route d’Angers, les canonnant sansrelâche. Ce ne fut qu’après avoir encore courucinq lieues dans les ténèbres, que l’armée répu-blicaine put enfin se rallier au lieu nommé leLion d’Angers ; et les Vendéens retournèrentoccuper leur position en avant de Laval.
Après son indigne action, Léchelle n’avaitplus qu’à ensevelir sa honte dans la retraite ;il eut pourtant l’impudeur de se montrer le len-demain à la troupe rangée en bataille , pour
1 Beauchamp, t. ii, p. 128.