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CAMPAGNES
Leurs efforts étaient aussi infructueux qu’ilsl’avaient été à Granville. Les habitans de toutsexe et de tout âge, s’animant à l’envi contre cesennemis détestés, leur opposaient depuis deuxjours une résistance énergique : à l’approche del’armée de l’Ouest, les Vendéens levèrent préci-pitamment le siège et se retirèrent à Beaugé. Là,incertains sur leur marche, accablés de ce nou-veau revers, ils ne savaient de quel côté tournerleurs pas. L’ordre fut donné de se diriger sur LaFlèche ; on ignorait pourquoi, et les exilés s’éloi-gnèrent , en gémissant, des bords qu’ils venaientd’entrevoir. Un grand nombre commencèrent àjeter leurs fusils, et à suivre l’armée un bâton àla main, attendant avec impatience et épiant l’oc-casion de la quitter par petits détachemens. Ilsétaient alors persuadés que les républicains n’envoulaient qu’a leurs chefs , et les laisseraient pas-ser sans difficultés , comme des voyageurs indif-férons , en les voyant sans armes -, la plupartpayèrent bien cher cette funeste confiance.
Aussitôt que les généraux vendéens s’aperçu-rent du dessein de ces soldats découragés , ilsordonnèrent que l’on exclût du partage des vi-vres provenant de la maraude, tout homme sansfusil. Celle disposition porta le désespoir dans le