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Histoire des guerres de la Vendée depuis 1792 jusqu'en 1796 / par M. Mortonval
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DE LA VENDEE.

seigneur. Tout individu attaché à sa personne s’appelaitnobliet, expression qui signifiait fainéant. Elle s’étendaitmême au bœuf paresseux qui secondait mal à la charrue scscompagnons rougcau, châtain, moreau, etc. Le laboureura coutume de chanter en conduisant sa charrue, c’est cequ’il appelle noter; après avoir nommé rougeau, châtain ,moreau, il finit son air en fausset, en appuyant son aiguillonsur nobliet.

« Je sais qu’à l’époque où la coalition des évêques trouvades soutiens dans la Vendée, il s’opéra une révolution su-bite dans les mœurs d’une grande partie de la noblesse : onllatta, on plaignit les paysans, on leur donna l’exemple dela dévotion, on ne vit plus que des saints dans le pays. Et jel’avouerai, de tous les miracles que j’ai vus dans ces mal-heureuses contrées, la conversion subite de tant de gens,qui naguère me semblaient ou indifférons ou mecreans ,qui prétendaient que la religion n’était faite que pour lepeuple en faveur de la domination; cette conversion, dis-je, a été pour moi le phénomène le plus étonnant. »

Guerres des Vendéens et des Chouans, t. i, p. 3a, etc.

Il n’y a pourtant là rien que de fort simple. Les noblesVendéens, résolus à se servir, pour atteindre leur but, despassions soulevées parles prêtres, ont dû s’asservir auxexigences de ces passions ardentes. La piété, comme cellede Bauchamps , ne pouvait être utile au succès de la cause,puisque cette vertu ne se manifeste que par des actes demodération et d’humanité, incompatibles avec la marcheimpétueuse des factions. Et, d’ailleurs, on ne se fait paspieux du jour au lendemain, mais on se lait dévot, et enagissant ainsi, les gentilshommes de la Vendée se sont