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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

la base d’approvisionnement, réunies à l’objetprincipal des opérations, nous offrent une sec-tion de terrain sous la forme d’un triangle, au-quel nous donnons la dénomination de trianglestratégique. 11 nous guide dans le choix des-lignes d’opérations principales et secondairesles plus„sùres, les plus invulnérables, et, parconséquent, les plus avantageuses.

La désigation des objets et des bases d’opé-rations possède aussi ses principes où le bonsens ne peut jamais errer. Enfin le réseau descommunications , les oscillations des courantsd’eau et les difficultés topographiques, engénéral, étant d’une nature immuable, ontfait de la stratégie une science dont plu-sieurs éléments ne subissent que de rares ano-malies.

Je neveux pas entamer une nouvelle discus-sion sur la définition propre de la stratégie. Onl’a définie de tant de manières différentes;l’archiduc Charles, le général Pelet, Ilulow,Venturini, le comte Bismark, Nylander, en ontdonné des définitions tellement détaillées, dontplusieurs sont si satisfaisantes, qu’au momentoù nous en parlons, je suppose qu’il n’existeplus aucun doute sur la vraie définition de cettescience.

Je partage la stratégie en deux systèmesessentiellement distincts, par la nature passiveet immuable, ou active et en même temps va-riab'fé de leurs éléments, qui sont :

J. Le système géographique ;

2. Le système opératif.

Deux systèmes qui possèdent des caractèresdifférents; le premier a des principes dont lastabilité est à peu près invariable ; tandis queles modulations du second sont soumises à desvariations fréquentes par les entraves que lessuccès tactiques des ennemis peuvent y ap-porter.

Le système géographique est la partie théori-que ou d’investigation des principes fondamen-taux de la science de la guerre. Le systèmeopératif en est la partie pratique : c’est le rai-sonnement propre à cette science. Le premiernous donne, en règles et en préceptes, ce que lesecond nous offre en effets et en résultats. Leséléments de l’un sont d’une nature passive,stable, synthétique et régulière; le caractèrede l’autre est actif, mais variable, hypothéti-que cL idéologique. Le système géographique

est la partie fondamentale ; le système opératifest la partie résultante.

La somme de ces deux systèmes forme lascience de la stratégie, dont nous cherchonsensuite à reproduire les principes et les résul-tats, ainsi que les avantages et les modulations,dans une troisième partie que nous nomme-rons : la partie descriptive et explicative des deuxsystèmes, c’est-à-dire, le plan général de laguerre.

Cette partie sert à présenter avec ensembleles différentes sections du théâtre de la guerre,scs ressources, le nombre et la valeur intrin-sèque des lignes et des points importants del’échiquier où nous devons opérer, objets d’au-tant plus essentiels qu’ils décident de sa forme,de ses avantages, et qu’ils servent aussi de pivotet d’appui aux opérations en général, etc., etc.

Je considère la partie explicative comme unepartie intégrante de la science stratégique ,puisque c’est le tableau qui reproduit les com-binaisons qui nous guident dans l’appréciationexacte et raisonnée des systèmes géographiquescl opératifs, et qui sert de type et de règle auxgrandes opérations des armées.

Le plan de la guerre s’occupe des idées pré-liminaires et repose sur des éléments tout à faitscientifiques. Les combinaisons générales, quiservent de point de départ pour la détermina-tion des autres éléments indispensables à lacomposition du plan général, sont : l’appré-ciation du théâtre de la guerre sous les rapportspolitique, statistique, topographique et mili-taire , (ceci nous ramène, sans contredit, à plu-sieurs parties des sciences géographiques quis’occupent de la terre dans ses rapports avecles hommes) ; du sol envisagé sous le doublerapport de la physique et la topographie; dudénombrement des habitants qui se trouventsur la surface des différentes contrées; de cequi concerne leur industrie; des ressources detous genres que peut livrer le pays qui doit de-venir le théâtre de la guerre ; de la configura-tion du terrain considéré dans son ensemble, etenfin, des constructions défensives que l'art asu y agglomérer et qui doivent nécessairementavoir une influence majeure sur les moyens quenous devons employer pour parven ira notre but.

On procède ensuite à l’examen stratégiquedes frontières , examen qui sert de premierterme à l’invasion; on détermine les basesd’ap-