MI-MOIRES SUR LES PRINCIPES
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d’années, ou par des circonstances qui ne sedérobent jamais à la connaissance de l’hommeattentif et observateur, pendant lesquelles cesdeux parties auraient été abandonnées à l’ou-bli. Mais comme ces erreurs peuvent se recti-fier à la moindre inspection soignée à laquelleon les soumet, elles ne peuvent avoir aucuneinfluence vicieuse sur la régularité de lascience, dont ces parties forment les échelons.
La configuration du terrain ne nous offreque des surfaces immuables. 11 est même inu-tile, pour la stratégie, d’en connaître les dé-tails minutieux ; car ils ne peuvent avoird’influence positive que sur la tactique. Lescombinaisons stratégiques ne s’occupent quedes routes de la première et de la seconde ca-tégorie, envisagées dans tous leurs replis, deseaux courantes et stagantes, connue mer, fleu-ves, lacs et marais, envisagées comme moyensdéfensifs, ainsi que des masses de résistances,que les difficultés topographiques peuvent of-frir, comme système de montagnes, forêts,défilés. Toutes ces parties ne changeant ni deforme ni de masse, leur appréciation est sou-mise aux mêmes règles, et leurs propriétés con-servent la même valeur dans la balance desgrandes opérations.
La partie opérative ayant pour but l’occu-pation progressive des positions importantesdu terrain ennemi, et l’intégrité des bases etdes lignes alimentaires et d’opérations, doitnécessairement être influencée par la tactique.Toutes les positions importantes étant défen-dues par des troupes, on ne parvient à leurpossession que par le choc des forces physiquesou une manœuvre rusée, dont, quelquefois ,c’est, encore la tactique qui délie le nœud. Uncombat heureux peut nous rendre maître despositions importantes occupées par l’ennemiet mettre en danger ses bases et ses lignes. Lacollision de cette partie de la stratégie avec latactique, en rend les modulations plus incer-taines et soumises à des variations fréquentes.
Tout ce que nous venons de dire sur les dif-férents éléments de la stratégie, nous prouveque, si une infinité de nuances caractérisentle système opératif et rendent l’exécution desgrandes opérations variable et incertaine, lesprincipes sur lesquels est basé le système géo-graphique sont clairs, précis et systématiques.
La stratégie, en général, est la science de
celui qui est destiné «à commander en chef; lapartie explicative ou le plan de la guerre luiappartient exclusivement, tandis que l’art desdétails doit être familier à chaque chef de bri-gade. En effet, ces détails ayant une influencemajeure sur le plan général, que deviendraitle commendant en chef, s'il ne pouvait se fiersur les capacités et le savoir des individus d’unrang inférieur, tandis que leur coopération peutquelquefois, comme, par exemple, dans les dé-tachements de communications qui appartien-nent aux détails de la stratégie, influer d’unemanière vicieuse sur le tout. Tel a été le grandavantage dont Napoléon a joui pendant lesguerres qu’il a faites. Présidant lui-même à lastricte observation du plan général de la guerre,il pouvait, en pleine sécurité, se fier à la majeurepartie de ses lieutenants, pour l’exécution desparties de détails.
Les grands avantages de ces prérogatives sesont aussi fait sentir dans l’armée prussiennependant la campagne de 18 lo.
Le plan général des opérations est une desparties les plus intéressantes de la guerre. Unecampagne entreprise sans plan, ou sur un planmal fait, est un bâtiment dénué de fondement,ou reposant sur une base fragile, qui le met,à chaque circonstance, à deux doigts de saperle. Un général qui n’est pas en état de faireun bon plan de campagne, adapté aux règlesde la stratégie, aux avantages des localités etaux circonstances, est incapable de commanderdes armées; car tout ce qui n’est pas coordonnéau plan de campagne ou tout ce qui est décidéd’après un plan vicieux, ne peut être que nui-sible ou inutile.
Le mode de l’invasion et le premier déploie-ment stratégique étant mal ordonnés, ilestloutjuste que les grandes opérations ne nous mè-nent qu’à des résultats vicieux. Pour reparerle mal, on est obligé de s’engager dans les con-tre-marches, qui nous entraînent dans une pertesensible de temps, perle qui se trouve diamé-tralement opposée aux règles invariables ducalcul des espaces et du temps. Les parties dedétail les mieux calculées ne pourraient aussinous mener qu’à des résultats d’un avantagenégatif, car, en partant d’un faux principe, lesconséquences les plus justes ne nous mènent,ordinairement, qu’à un faux résultat.
On ferait mal de refuser aux principes delà