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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LÀ STRATEGIE.

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stratégie les qualités synthétiques qu’ils pos-sèdent. Que d’exemples ne parlent-ils pas enfaveur de cette marche irréfragable des causesaux elfets, des principes aux conséquences?Quelques circonstances accidentelles, commeune prépondérance marquée dans les forcesphysiques ou la bonté tactique des armées peu-vent, quelquefois, diminuer ces effets malheu-reux , dont les négligences de l’art sont la cause,mais une diminution du mal est loin d’être unremède radical. La continuation du temps etl’enchaînement des circonstances ne nous mè-nent, ordinairement, qu’à un résultat d’un avan-tage négatif. Ces vérités sont palpables et peu-vent se reproduire par l’examen rigide des loisdelà stratégie et des conséquences qui en pro-viennent.

Une fausse appréciation stratégique des fron-tières nous entraîne dans un faux déploiementde nos forces physiques, un faux déploiementmel nos lignes d’opérations en danger : uneligne d’opérations mal assurée influe sur l’in-tégrité des bases d’approvisionnements : unefausse appréciation des bases d’opérations ravitla stabilité nécessaire aux grandes manœuvres:un choix mal ordonné des objets des opérationsest la meilleure voie pour ne jamais parvenirau vrai but : un choix vicieux des lignes d’opé-rations met aussi tous les détails stratégiquesen défaut, entraîne quelquefois dans des mou-vements superflus pour rassaisir des avantagesperdus, et offre ainsi, à un ennemi qui sou-met ses opérations au calcul de la pure straté-gie, la possibilité de paralyser nos mouvementsoffensifs, et de parvenir à de grands résultatsavec de petits moyens.

Il est maintenant facile de se convaincre quelorsque les résultats qu’on attend des grandesopérations, et dont le mécanisme appartientau système opératif de la stratégie, ne répon-dent pas aux avantages auxquels on a cru de-voir s’attendre, sans aller en chercher la causedans des circonstances secondaires, qui nepeuvent avoir qu’une influence négative, ilfaut en chercher le principe dans la violation de

(i) Je suis prêt à affirmer que si la stratégie a subi desi grands retards dans son développement, nous devonsen rechercher la cause dans la lacune qui existe dansnotre littérature militaire d’un ouvrage bien conçu etbien médité sur la géographie militaire. Un développe-in eut de plusieurs parties de la surface de notre globe,

l’une des lois de la stratégie, sur lesquellesrepose la combinaison du plan général de laguerre; et qui appartiennent au système géo-graphique.

Pour faire la guerre avec succès, il est doncindispensable que l’appréciation des différentesparties du système géographique soit faite aveccette profonde sagacité que revendique unsujet aussi essentiel, et que la composition dela partie explicative acquière celte maturitéqui peut seule étayer une œuvre aussi compli-quée que l’est le mécanisme des grandes opé-rations. Non-seulement les mouvements d’exé-cution en acquièrent plus de régularité ; maisen atténuant aussi la grandeur des désavan-tages dans les malencontres, une compositionsystématique du plan de la guerre rend les ré-sultats des mouvements d’exécution plus posi-tifs. Une bataille, gagnée à la suite de mouve-ments stratégiques scientifiquement basés etbien combinés, est ordinairement d’un résultatimmense. Les batailles de léna et d’Eckmühlen sont des preuves irréfragables. La premièrea suffi pour mettre une monarchie puissante àla discrétion du vainqueur; la seconde reportale théâtre de la guerre du champ de bataillesous les murs de la capitale, sans que cet espace,immense à franchir, coûtât la moindre diffi-culté aux vainqueurs.

Le système géographique et une grande partiedes combinaisons du système opératif reposantsur la géographie militaire, il est notoire quela connaissance profonde de la dernière est unéchelon indispensable pour la science de lastratégie (1). Mais la connaissance du terrain•servant aussi à coordonner les mouvementstactiques, tandis que la stratégie et la tactiquesont basées sur des combinaisons d’une naturehétérogène, il est tout juste que, si nous vou-lions envisager le terrain d’une manière géné-rale , sans classer ses rapports avec ces deuxsciences différentes, nous tomberions dans desfautes assez graves, en embarrassant la pre-mière avec des détails minutieux, comme desvillages, des buissons, etc., qui lui sont inu-

considérées sous le rapport de l’orograpbie et de l’hy-drographie, d’où la stratégie emprunterait ensuite sescombinaisons et ses ressources, ainsi qu’un aperçu sta-tistique des différents pays, qui servirait de guide pourla régularisation de plusieurs détails, auraient donné ungrand élan à la science.