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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

la submersion du globe dans le choc d’uneautre (t). En recherchant l’origine de la racehumaine, nous partagerons encore moins l’opi-nion de l’auteur du Telliamed ( 2 ), en lui accor-dant pour ancêtres des poissons qui, par l’éloi-gnement subit des eaux, métamorphosés d’aborden animaux amphibies, se sont ensuite trans-formés en animaux terrestres. Des idées pa-reilles ne pourraient nous mener qu’à de faussesconjectures. Sans vouloir approfondir ni par-tager les opinions émises par Scheuchzer,Woodward, Leibnitz ou Bulfon, nous nousattacherons franchement, à ce sujet, à la ban-nière du profond et judicieux Cuvier, qui nousa déjà reproduit tant de phénomènes, quel’immensité des temps avait semblé recouvrird’un voile impénétrable, et dont les causesn’échappèrent pas à sa perspicacité et à soninvestigation. Au reste, pour l’analogie quenous recherchons, qui seule peut accorder unesorte de solidité à nos combinaisons militaires,peu importe que la terre, dans son état pri-mitif, ait été une comète ou une matièregelée (3) ; fixons plutôt notre attention sur lesaspérités de sa surface, sans vouloir nous assu-rer si le globe possède véritablement des fa-cultés vitales, si ses molécules s’attirent ou serepoussent d’après des antipathies et des sym-pathies, si les montagnes sont les organes desa respiration, comme les schistes ses organessécrétoires ( 4 ) ; et recherchons les propriétésque la configuration de sa surface nous offre,sans nous abandonner à l’analyse de cet énormeamas de matières métalliques fondues par lachaleur, qui constituelamasse interne de la terre.

En s’occupant de la contexture des grandesrégions physiques du globe, qui serviront delinéaments à la vaste scène qui se développeraà l’œil attentif et observateur du militaire, queson devoir lui prescrit d’embrasser dans sonensemble et dans plusieurs de ses détails, sonregard s’arrêtera involontairement sur ce pla-teau immense de l’Asie, dont les points culmi-nants nous paraissent avoir été désignés par lanature pour dominer sur le reste du continent.

fi) Whiston.

(2) Demaillet.

(s) Système de Deluc.

(4) Système de Keppler.

(s) Plusieurs savants prétendent que les revers septen-trionaux du plateau de la Tartarie, renferment encore

Une surface de 300,000 lieues carrées, uneélévation de près de 3,000 toises, une ceinturede montagnes que la nature semble y avoirélevée pour servir de charpente au continentasiatique et de gradins au géologue ou au mi-litaire qui voudraient y pénétrer; tel est l’aspectsous lequel se présente cette immense fonda-tion. Le militaire interdit, interroge la natureetlui-même sur les propriétés de cette création.

Cet immense terrain d’alluvion, déposé parune inondation immense, subite, qui roulaitses eaux du pôle nord vers les régions méri-dionales du globe (s) offre, sans doute, unesphère intéressante et vaste aux recherches desgéologues, qui trouvent, dans la superpositiondes couches d’attérissement, des analogies nondouteuses avec les terrains primordiaux de laSuède et de la Norvvège, mais n’excite aucunintérêt dans l’esprit du militaire voyageur. Unsable noir et presque mouvant couvre sa sur-face, des rochers stériles, des rivières sansissues, des montagnes nues trahissent son étatde barbarie, et en font un repaire monstrueux.

Mais comme rien dans la création de la na-ture ne doit rester sans utilité et sans bienfait,ce plateau isolé et barbare devient aussi d'unegrande importance physique pour le continentauquel il appartient. Il détermine la tempéra-ture des saisons et désigne les pentes des paysqui le contournent. C’est enfin des plateauxhydrographiques de sa ceinture montagneuseque découlent les plus grands fleuves, qui met-tent le vaste continent de l’Asie en contactdirect avec l’océan glacial, la mer des Indeset celte Polynésie boréale qui a excité tant decuriosité, a épuisé tant d’efforts, et dont lespinceaux admirables de Chateaubriand et deBernardin de Saint-Pierre ont offert à notreimagination des tableaux si gracieux et siravissants.

Ce vaste labyrinthe est resté étranger auxrecherches modernes, et sa nullité physiqueactuelle en a, sans doute, décidé l’abandon.Mais lorsqu’on songe que cet immense plateaua pu être le berceau du genre humain (6),

des forêts à l’état de lignite, dont les arbres sont cou-chés du côté du midi.

(6) Le plateau de l’Asie est regardé pat plusieursauteurs comme le berceau du genre humait, qui, dulieu le plus élevé, se serait répandu au loin de toutesparis.