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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
nœuds étant aussi les foyers où aboutissentplusieurs rayons , sont , ordinairement, lespoints les plus importants de la défensive , oùles réserves peuvent se rassembler, et qui dé-cident de l’issu du passage. On peut les envi-sager comme les points lactiques du systèmede montagnes.
Les points culminants sont les points straté-giques des chaines.Les commandements qu’ilsprennent sur les passages, leur accordent uneimportance majeure dans la guerre de mon-tagnes. On peut les envisager , en général ,comme les noyaux des chaînes; et en les occu-pant avec discernement et ensemble, les avan-tages qu’on en recueille sont incalculables.
Les contreforts, en formant les vallées trans-versales, en font autant de positions de flanc ,qui sont les plus fermes appuis delà défensive,et dont la possession devient le sine qnâ nondes mouvements offensifs.
Nous voyons donc, qu’en général, ces sortesde remparts que la nature semble avoir élevéspour servir de boulevard aux empireset contrelesquels les efforts de l’homme viennent sou-vent se briser, sont d’un avantage positif pourla défensive, et peuvent être considérés commeles barrières naturelles qui offrent le plus dedifficultés à surmonter.
Les taillis d’une grande dimension ont quel-que analogie avec le système de montagnes ,car leurs entrées et leurs éclaircies ont lesmêmes propriétés que les cols cl les nœuds desvallées.
Tous ces produits de la création de la nature,comme fleuves, système de montagnes, fo-rêts, etc., dont nous venons de parler, tout eninfluant d’une manière positive sur les combi-naisons de la stratégie, ne sont pas cependantdes objets contre lesquels le militaire se voieobligé de lutter toujours de front, caries fleuveset les forêts peuvent souvent être tournés, lesystème de montagnes peut quelquefois êtreévité, et, dans ce cas, ces objets ne conserventplus une influence directe sur les résultatsstratégiques.
Le réseau des communications que la mainde l’homme a étendu sur la surface, de la terredoit, au contraire, être considéré comme labase de toutes les combinaisons stratégiques,(pii ne peuvent être effectuées que par desmouvements. Les roules sont, pour ainsi dire,
les organes vitaux de la stratégie ; car ce sontelles qui conduisent aux objets de la possessiondesquels dépend souvent le sort de la guerre.Les routes unissent les capitales avec les villes,les villes avec les villages, les villages avec lesterrains environnants. Elles coupent dans tousles sens les chaînes de montagnes, les forêts,les fleuves et les plaines, en égalisant les sur-faces des parties de terrain qu’elles traversentet mettent ainsi, par des communications fa-ciles , toutes les parties de la surface du globeen contact entre elles.
Les roules que la stratégie peut considérercomme applicables à la science, sont celles quisont praticables pour toutes sortes de voitures,et surtout pour l’artillerie. Leur largeur, quoi-qu’étanl d’un grand avantage pour les mouve-ments, n’est pas cependant une de ces préro-gatives dont on ne puisse se passer, lorsque leterrain est d’une solidité constante, pourvuque ces routes ne soient pas de ces cheminsaccidentels, qui aillent se perdre dans desforêts ou dans des terrains impraticables.
C’est ainsi que, dans la contexture de la sur-face du globe, nous voyons s'offrir à notreattention et à notre perspicacité les premièreslois de la stratégie, auxquelles le génie del'homme a su donner une force positive, etdont son esprit investigateur a su multiplierles ressources et régulariser les éléments.
En approfondissant les lois primitives de lacréation, comment l’esprit attentif de l’hommen’y reconnaitrait-il pas des obje'.s dignes desa constante admiration? Presque tout est su-blime dans la nature, il ne manque souvent quele génie de l’homme pour en développer lesressources.
Si, dans l’ossature de la terre, nous remar-quons souvent des formes bizarre;, des reliefsd’une nature hideuse, une configuration tou-jours irrégulière, des régions de terrain d’al-luvion, dont le sol barbare a ravi toutes lespropriétés; telle que la zone saboneuse qui,depuis le cap Bojador jusqu’au deli de l’Indus,traverse l’Afrique et l’Asie, prodiits non dou-teux des convulsions fréquentes îuxquclles leglobe a été soumis; d’un autre cité, nous nepouvons néanmoins y méconnaître des dispo-sitions positives, auxquelles se r;llachenl, engénéral, les richesses des nations H l’équilibrepolitique des peuples.