DE LA STRATÉGIE.
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QUATRIEME MÉMOIRE.
SUR UES PROPRIÉTÉS DU TERRAIN, ENVISAGÉ COMME BASE DES COMBINAISONS STRATÉGIQUES.
Nous devons envisager le terrain comme lahase de la stratégie. C’est dans les ressourcesque la nature nous offre, que la science mili-taire puise ses éléments. Les accidents du ter-rain sontles principes d’où émanent les combi-naisons qui accélèrent les mouvements offensifset qui consolident les opérations défensives.
Pour parvenir aux points que nous voulonsoccuperions choisissons, parmi les roules quinous y mènent, la voie la plus avantageuse;pour s’opposer aux intentions hostiles de nosennemis, nous commençons à nous couvrir parles difficultés du terrain, qui deviennent noségides protectrices, tandis que nous profitonsdes avantages que leur configuration nous offre,pour arrêter les mouvements offensifs de nosadversaires.
L’homme étranger aux grandes ressourcesdu terrain ne trouve, dans cet amas de fleuves,de lacs, de marais, d’exhaussements, de plaineset d’affaissements, qu’un chaos difforme et dé-nué de propriétés. Le militaire, au contraire,qui en a médité les avantages, découvre dansla liaison de ces différentes parties d’une na-ture si hétérogène, des principes vivifiants, quidonnent à la science, à laquelle ils servent debase, un caractère d’ordre et de stabilité, queson imagination ne fait qu’approfondir et queperfectionner.
La stratégie, aussi bien que la lactique, separtage en deux modes de mouvements :
t° L’oll’cnsif;
2. Le défensif.
Dans le premier, on avance et on attaque ;dansle second, on se défend, eton finit par ré-trograder si on a succombé. Dans l’un commedans l’autre, il faut nécessairement se mouvoirsur la surface de la terre, avec la différenceque, dans les mouvemements offensifs, on estobligé plus souvent de vaincre les difficultésdu terrain que de s’y abriter, tandis que dansle second ces grands accidents servent d’égideprotectrice contre les attaques des assaillants.
Deux matières d’une nature tout à fait hété-rogène, qui engendrent par conséquent descombinaisons tout à fait différentes aussi, cou-vrent la surface du globe : l’eau et la terre.En prenant les propriétés du terrain pour basede nos combinaisons stratégiques, il est indis-pensable que nous les envisagions aussi sousdeux rapports différents :
1. Sous le rapport des avantages et des dif-ficultés qu’engendrent les différentes masses del’eau ;
2. Sous le rapport de ceux qui résultent desdifférentes formes de la terre, produits de lacréation de la nature ou des mains de l’homme.
L’espèce, la masse, la grandeur et les formes