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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
des sections du globe, décidant de la nature etdes propriétés des différents terrains, ainsi quedes combinaisons qui en rejaillissent pour lastratégie, nous font un devoir de les envisagersous leurs différents aspects, nous considére-rons donc l’eau sous la forme :
1. De la mer ( 1 ) ;
2. Des lacs;
3. Des fleuves ;
4. Des marais.
Et la terre sous celle :
1. Des chaînes de montagnes avec leurs dif-férentes parties ;
2. Des forêts;
3. Des villes ;
4. Des routes.
Le stratégie exécutant tous ses mouvementshors de la sphère active du canon ennemi, etne se trouvant qu’accidentellement en contactavec la Lactique, ces différentes espèces de ter-rains ne doivent pas êlre envisagées sous le seulrapport des dangers auxquels un choc ennemipourrait nous mettre en but, ou des avantagesque la forme et la grandeur de ces sections en-gendrent pour y résister ; car, de celte manière,nous tomberions tout à fait dans le domainede la tactique ; mais nous les considérerons :
1. Sous le rapport des avantages que ces dif-férents accidents peuvent offrir pour constituerune position stratégique offensive ou défensive;
2. Sous le rapport des moyens que leurssinuosités nous offrent pour gagner un pointstratégique ;
5. Enfin, sous le rapport des chances favora-bles qui en dériveront, pour tourner notre en-nemi et le forcer à un changement de front,qui le rejette en sens inverse de sa directionnaturelle.
La mer. Lorsque la mer baigne les côtes duthéâtre de la guerre, le principal est d’avoir àson service une flotte considérable. Son devoirsera de paralyser tout à fait les forces mariti-mes des adversaires et de protéger la librenavigation des bâtiments. En nous rendant maî-tres absolus du littoral, deux grands avantagesen sont la suite :
(î) Que le lecteur me pardonne si je reproduis sous ladénomination de Mer, les différentes sections de l’hémi-sphère aquatique qui possèdent leurs noms propres. Jene doute pas du crime de lèzc -géographie que je com-mets, mais si je ine soumettais servilement à des déti-
1. La faculté d’approvisionner aisément lestroupes ;
2. La facilité de les renforcer et même defaire des descentes à dos de l’ennemi pour com-promettre ses communications, se rendre maîtrede sa ligne directrice des opérations, et para-lyser ses mouvements offensifs.
Une reconnaissance détaillée du gisementdes côtes , devient d’une nécessité absolue, etun port qui puisse recevoir les bâtiments et lestrésors qu’ils portent, plus indispensable en-core. Une place forte élevée sur la côte et donton puisse disposer, comme Dantzick ou Varna,devient d’un avantage éminent. Pour rendretoutes ces prérogatives plus efficaces encore,il faut que la ligne d’opérations principales ,qui sert de directrice àlaguerre, soit parallèleà la côte. Si, au contraire, elle était perpen-diculaire, tous les avantages dont nous venonsde parler diminueraient, car , engagée dansun mouvement offensif, l’armée, en gagnant duterrain, pourrait s’éloigner trop de la côte, parconséquent de ses ressources, et forcée à unmouvement rétrograde , elle finirait par êtreadossée à la mer ou obligée de faire chan-ger de direction à sa ligne d’opérations, commeles Russes l’ont fait pendant la campagne de1807. L’espoir de pouvoir compromettre lescommunications des ennemis, ainsi que de serendre maître de sa ligne d’opérations , s’éva-nouirait de même.
Nous avons pu nous convaincre de tous lesgrands avantages qui se sont rattachés, pourles Russes, à la libre possession de la merNoire, dans la guerre contre les Turcs en 1828et 1829. Odessa, base d’approvisionnement etentrepôt de toutes les richesses des provincesdu midi, fournissait aisément à l’approvision-nement de l’armée , que Kavarna , Varna, etplus tard Bourgas et Sizepoli, pouvaient rece-voir dans leurs murs. Les munitions de guerrese transportaient, non-seulement avec plus decélérité, mais aussi avec beaucoup moins dedépenses.
La possibilité de pouvoir opérer simulta-nément par terre et par mer, est un de ces
nitions subtiles, je pourrais tomber facilement dans uneprolixité de dénominations et d’explications qui appar-tiennent exclusivement au domaine de la géographiephysique, qui ne ferait qu’embarrasser son esprit etqui ne sont d’aucune utilité à la science de la stratégie.