MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
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transversale avancée et vont, ordinairement,se réunir aussi de l’autre, sur un ou plusieurspoints qui servent de foyers à ces rayons,foyers que nous appellerons points centrais.
( Ftg. 4. ) Toutes les lignes, comme CD, CE, CF ,CG, etc., désignent les différentes directionspour l’invasion, et les pointsD, E, F,G, etc.,qui sont les points d’intersections de la trans-versale AB, ceux où on peut la franchir et, pa rconséquent, le premier terme de l’invasion.
Pour défendre avantageusement une fron-tière, c’est vers ces points d’intersections quenous devons porter notre attention et les res-sources de la défense. Lorsque la frontière estouverte, la force mobile qui s’y trouve pourla défendre est aussi la seule capable d’en pré-venir l’invasion, et, par conséquent, un engage-ment général et une victoire ou une défaite,doivent décider en faveur de l’un ou de l’autreparti Mais une bataille décisive, au commen-cement d’une campagne, est-elle une chosesalutaire? C’est encore un sujet à question. Siune frontière est tout à fait ouverte et son in-tégrité difficile à conserver, il vaut mieux, encalculant les opérations ultérieures, l’aban-donner, et se replier vers quelque transversaleplus avantageuse, qui offrira plus d’élémentspour la défense et plus de probabilités pour saconservation.
S’agit-il de faire le choix des points d’inter-sections de la ligne AB vers lesquels on devradiriger les masses assaillantes, ce choix seradésigné d’une manière non douteuse par lesdirections CD, CE, CF, CG, etc., entre lesquellesnous choisirons les plus courtes, les plus avan-tageuses et qui offriront le moins de difficultésde la nature ou de l’art à vaincre; ce choix etles principes sur lesquels nous devons le baser,appartenant à la section des lignes d’opérations,seront discutés avec détail au moment où nousserons parvenus à cet. article.
Une frontière fortifiée par la nature se pré-sente ordinairement sous deux aspects diffé-rents : la ligne transversale est marquée par unfleuve, ou par une chaîne de montagnes. L’unet l’autre offrent par leurs propriétés, aux as-saillants, quelques difficultés à vaincre, auxdéfenseurs, quelque facilité de s’y maintenir.Lorsque c’est un fleuve qu’on se propose defranchir, c’est vers les sections auxquelles laconfiguration topographique accorde des avan-
tages réels, qu’il faut se porter; mais, d’unautre côté, les points d’intersections de la lignetransversale, influant beaucoup sur les direc-tions qui nous mènent vers le but principal,les points de passages seront subordonnés àceux d'intersections, et devront être désignésau moins dans leur proximité. Cette précau-tion est indispensable pour pouvoir toujoursdominer ces sortes de points près desquels sefera le passage. Avoisinant l’intersection prin-cipale ils sont, d’un autre côté, d’autant plusavantageux, puisque n’étant quelquefois dési-gnés par aucune prérogative bien marquante,ils sont plus exempts de surveillance et peuventêtre franchis avec plus de facilité. C’est ainsiqu’en 1812, Napoléon choisit près d’Alexioten,à une demi-lieue de Kovno, un point favorablepour franchir le Niémen.
Pour ce qui regarde les ressources que lesfleuves et leurs affluents peuvent offrir aux dé-fenseurs après le passage, nous avons eu l’oc-casion d’en développer les ressources dans lequatrième Mémoire.
Lorsque la frontière est marquée par unechaîne de montagnes, les points d’intersectionsse trouvent sur les revers à l’entrée de la chaîneet forment les points de départ des routes quila traversent. Si l’ennemi en défend l’entrée,ces points d’intersections ne tombent qu’avecdifficulté au pouvoir des assaillants, car, dansle casprésenl, les points de passages ne peuventpas, comme sur les fleuves, être choisis dansla proximité du débouché principal. Ces pointsqui forment ceux de départ des routes qui tra-versent la chaîne, ouvrant l’entrée des dé-filés , nous obligent à nous en rendre maîtres,pour pouvoir dominer les voies qui nous mè-nent au delà de l’obstacle que nous voulonsfranchir.
Entre les communications qui traversentune chaîne de montagnes, c’est aussi la pluscourte, et celle qui nous mène à l’objet prin-cipal des opérations, qui est la préférable, et lechoix des points d’intersections sera subor-donné à ces indications. C’est ainsi que dansles guerres des Français contre les Espagnols,nous avons vu la direction qui, de Saint-Jean-de-Luz, par Iran, Burgos, nous mène droit àMadrid, être la direction préférée.
Une frontière fortifiée par l’art est toujoursla plus difficile à franchir. Appuyée par une