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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

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ligne de places fortes, la transversale offre auxdéfenseurs tant de moyens pour s’y mainteniret tant de directions avantageuses, quant auxpositions de flanc , que son intégrité peut êtreconservée avec facilité, peu de moyens et pen-dant un long espace de temps. Les pointsd’intersections servant de but aux fortifica-tions , sont ceux aussi où les défenseurs ras-semblent leurs forces pour défendre la lignefrontière.

Le passage étant une fois forcé, chaquepoint fortifié pouvant servir de point d’appuià la force mobile des défenseurs, les placesfortes devront être envahies , paralysées , oumises en échec. Ces différentes opérations exi-gent des sièges, des blocus ou des observations.Les deux premières seront dirigées contre lesplaces qui influent d’une manière directe surles lignes d’opérations, la troisième contrecelles dont l’influence n’est que de peu d’im-portance sur le mouvement qui nous mène versl’objet principal.

Pour bien baser la classification de ces dif-férents genres de places fortes, nous la sou-mettrons à un calcul normal, qui nous servirade guide assez sûr dans nos décisions. Soit AB{Fig. 5), notre ligne traversale frontière, C lepoint d’intersection central qui sera par con-séquent le point de départ de la ligne de jonc-tion entre l’objet principal des opérations D,et le point d’intersection. CD étant la ligne laplus courte, nous supposerons qu’elle sera laligne directrice des opérations. Du point Cnous prendrons vers les flancs A et B de latransversale des portions CE eL CE, égales àCD. Les points défensifs E, G, C, H , F, pour-ront influer directement sur notre ligne d’opé-rations, car môme ceux extrêmes E et F, étantà la même distance du point d’intersection C,que celui-ci l’est de l’objet principal des opé-rations, pendant que les assaillants se dirige-

ront vers l’objet D, les défenseurs pourront,en se basant sur un des points E, G, II ou F,tomber et intercepter la ligne CD.

Tous les points,, au contraire, qui sont audelà de ceux E et F étant plus éloignés dupoint d’intersection C, que celui-ci ne l’est del’objet principal D, n’auront pas une influencedirecte, car le point D, qui doit être toujoursl’objet primitif vers lequel les défenseurs doi-vent porter toute leur attention, et qui décidesouvent du sort de la guerre, tombera au pou-voir des assaillants avant que celui C puisseêtre menacé.

Nous eu conclurons que tous les points com-pris dans la section ECF delà frontière commeE, G, C, H, F, devront, selon leur impor-tance, être les objets des sièges ou des blocus,tandis que ceux qui sont au delà des points Eet F, n’exigeront qu’une observation plus oumoins stricte.

Enfin, lorsqu’une frontière est fortifiée parl’art et la nature, défendue par une troupequi connaît bien les localités, et sait en profiteravec adresse, elle peul aisément devenir unobstacle insurmontable pour ceux qui vou-draient la franchir. Dans ce cas, les règles del’attaque, comme celles de la défense, formentla somme collective de celles que nous venonsd’établir pour une frontière fortifiée par la na-ture et une autre renforcée par l’art. Les Pyré-nées pourraient aisément devenir une ligneinexpugnable de défense, et, malgré les 40 à50 myriamètres de développement qu’elle pos-sède , en y élevant un système de fortificationsen rapport avec les avantages topographiquesdes lieux, en se rendant maître de tous les dé-bouchés des points culminants cl des nœuds desvallées, les Espagnols pourraient facilementprévenir toute invasion de la part de leurs en-nemis, ou du moins la leur faire acheter auprix de très-grands sacrifices.