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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES
livré aux Français les lignes lesplus courtes surDresde et Berlin. Nous connaissons l’influenceque les pertes de ces deux batailles, mais sur-tout celles des lignes les plus directes, eurentsur le sort de la capitale et du royaume.
Telles ont élé les suites de la fausse appré-ciation topographique de la ligne des frontiè-res, tels seront ordinairement les malheurs quirésulteront de l’infraction des lois du systèmegéographique.
Les frontières étant une fois franchies, onprocède à l’attaque du théâtre de la guerre. Troisobjets principaux doivent attirer notre atten-tion , et nous devons nous efforcer :
1. A être en possession des lignes de jonc-tions principales et des lignes les plus courtes;
2. A dominer les grands fleuves;
3. A nous rendre maîtres des objets et desbases d'opérations.
Les lignes de jonctions principales sont lesplus favorables pour le mouvement des grandesmasses ; les lignes les plus courtes nous mènentd’une manière directe au but principal de nosopérations.
Les grands fleuves sont des lignes défensivesnaturelles très-favorables, et servent aussi debases temporaires à nos approvisionnements età nos opérations.
Les objets et les bases d’opérations étant lesplus fermes appuis de nos opérations, décidentaussi de la possession du théâtre de la guerre.
Nous avons vu, dans le neuvième Mémoire,que parmi ces objets d’opérations, il y en avaitdont l’importance était tellement grande que,pour qu'ils ne tombent pas de prime-abord aupouvoir des ennemis, on cherchait à leur ac-corder une force défensive permanente, qu’onobtient par les fortifications. La conquête deces objets revendiquant beaucoup de monde,de temps et d’apprêts, diminue aussi nos forcesactives, ainsi que la vivacité de nos mouve-ments. Mais, malgré le tort qu’une diminutionpareille peut faire, le mal n’en est pas moinssans remède, car pour pouvoir avancer en sé-curité et sans danger dans un pays qu’on sepropose d’envahir, le principal est d’avoir lesflancs et le dos libres et francs. Il est donc in-dispensable de ravir aux ennemis ou du moinsde paralyser les objets qui se trouvent sur l’es-pace qu’on parcourt, qui appuieraient et pour-raient servir de pivot à leurs opérations.
Les places fortes étant parmi ces objets ceuxqui procurent les plus grands avantages, atti-reront notre scrupuleuse attention. Nous avonsvu, dans le neuvième Mémoire, la manière d’enclasser l’importance; le sixième nous a servi àconnaître les moyens que nous nous réservonspour les paralyser ou pour nous en rendre maî-tres. En commençant nos opérations offensives,il sera nécessaire de décider quelles seront lesplaces que nous devrons soumettre à des siègesréguliers, et quelles seront celles qui devien-dront les objets des blocus ou des observations.C’est d’après cette classification que nous par-tagerons nos forces actives, et en libérant l’é-chiquier stratégique de tout ce qui peut gênerles mouvements des armées assaillantes, nousaccorderons à leurs opérations plus d’assuranceet plus de sécurité.
Les places qui possèdent une influence stra-tégique sur le théâtre de la guerre, et que noussoumettons à des sièges réguliers, sont lespoints dont nous devons chercher à nous ren-dre maîtres au plus vite. Tant qu’une place estau pouvoir des ennemis, elle ne perd jamais deson importance stratégique. Le moindre heu-reux incident pour eux est un revers pour nous,en ramenant les adversaires vers ces objets dedéfense, leur offrent un pivot et un appui pourleurs opérations. Il s’ensuit que nous devonstâcher, autant que possible, à éloigner la forceactive des défenseurs de tous les points quipeuvent seconder leurs entreprises, et à ma-nœuvrer de manière à la rejeter vers une sec-tion de terrain où elle ne puisse trouver d’autressecours que sa force physique intrinsècue.
A mesure qu’on avance dans le pays, qu’onfait les dispositions nécessaires pour les sièges,les blocus et les observations, qu’on iésignele nombre des masses nécessaires pour tes opé-rations, on emploie leur surplus pour prendrepossession de l’échiquier. Nous pouvons y par-venir de deux manières :
1. Par le choc de la force active ;
2. A l’aide d’une manœuvre.
La première n’entre pas dans le but de cetouvrage, qui ne peut s’occuper que di la se-conde.
Les opérations stratégiques renfermmt tousles mouvements qui précèdent ou qui suiventles engagements. C’est dans la maniè’e dontnous manions nos masses et dans les diiecliions