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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

nons l’ouverture de la campagne de 1S06.

La ligne des frontières des Prussiens, à cetteépoque, décrivait un arc convexe, qui s’ap-puyait par la gauche à Eger, et passant parNuremberg, Cobourg, Hildbourghausen etMeinungen, contournait l’électorat de Hesseet aboutissait par sa droite à Emden.

Deux lignes de jonctions principales, quenous avons nommé lignes directrices, indiquentles points vulnérables par où l’ennemi pouvaitpénétrer. Sur la droite, c’est celle qui, partantde Dusseldorf, passe par Paderborn, Cassel,Magdebourg, et aboutit à Berlin; sur la gau-che, celle qui, partant de Mayence, passeparFulde, Weimar, Leipzig et conduit à lacapitale.

La première présente trois lignes de défenseà franchir. Celle du Weser, la chaîne du Harzet l’Elbe, sans pouvoir les prendre à revers etéchapper à leurs difficultés.

Celle de gauche en offre le même nombre,qui sont : la Saale, la Mulde et l’Elbe. Maisen s’établissant militairement sur celledu Maynjusqu’à Bamberg, en se prolongeant par ladroite jusqu’à Nuremberg et en masquant laThuringe par un corps d’observation, celteposition suffisait, non-seulement pour tournerles deux premières; mais elle mettait aussil’armée française en possession des lignes dejonction les plus courtes qui mènent à la ca-pitale.

Cette position stratégique offrait, en outre ,l’avantage d’avoir les deux flancs du déploie-ment bien appuyés. L’aile droite à la chaînedes montagnes de Fichtel et de l’Erz, qui con-tournait un pays devenu neutre à cette époque,la gauche au Rhin, qui formait la frontière dela France.

Abstraction faite des ressources et des désa-vantages territoriaux pour les Français et pourles Prussiens, le rassemblement des armées deNapoléon à Bamberg, Amberg, Konigshoffen,Nuremberg, Würtzbourg et Cronach, servaitd’indication à la direction que Napoléon vou-lait donner à ces opérations.

Un autre avantage non moins grand, rendaitcette direction importante : c’était la possibi-lité de se présenter parallèlement à la direc-trice des opérations des Prussiens, et de pou-voir menacer plusieurs de ses points à la fois.La possession du défilé de Ilofet de la ligne de

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jonction qui, par Zwickau, mène à Leipzig,prenait aussi une grande section de terrain àrevers, et forçait les Prussiens à se replier der-rière l’Elster.

Les roules qui, de la partie méridionale dela ligne frontière, conduisent vers l’Elbe, sont:

1. Celle qui, partant d’Eger, conduit par ledéfilé d’Adorf;

2. Celle qui, partant de Bayrenth, traversele défilé de Hof ;

5. Celle qui, partant de Bamberg, va parCronach et coupe la vallée de la Saale à Saal-burg ;

4. Enfin celle qui, parlant aussi de Bam-berg, longe la Reich par Cobourg et passe parle défilé de Saalfeld.

Les points importants qu’on devait considé-rer comme les plus fermes appuis de la partievulnérable des frontières, étaient donc: Adorf,qui défend le passage de l’Elster et ceux deHof, Saalburget Saalfeld, qui ferment la valléede la Saale. Ces points, au contraire, ne furentque faiblement occupés, et toute la masse destroupes prussiennes reçut pour direction pri-mitive la grande communication qui mène àErfurt, afin de franchir la forêt de la Thuringeet de se porter sur Meinungen et Hildbourgs-hausen. Chose bien inconcevable, le duc deBrunswick avait fait les dispositions nécessairespour s’opposer à une attaque que les Françaispouvaient diriger contre le fronldes frontières,et avait perdu de vue qu’on pouvait les tournerpar leur gauche,

Engagé dans cette fausse direction, qui dé-couvrait aux coups des ennemis les points lesplus vulnérables, le duc de Brunswick ayantreconnu les projets de Napoléon, ne fut plusen état de remédier aux grands maux que sesfaux mouvements occasionnèrent : il avait perdule temps et les distances. En vain s’efforça-t-ilde corriger ses fautes en rassemblant l’arméeà Erfurt, Gotha et Hochdorf, ce rassemblementne pouvait même plus servir de palliatif; carNapoléon, maître des trois grandes communi-cations qui conduisent par Hof, Schleitz etSaalfeld, s’avançait avec précipitation à dos deses ennemis. C’est ainsi qu’au moment où leprince de Hohenlohe et le duc de Brunswicklivraient les batailles de Iéna et d’Auerstadt,l’un et l’autre se trouvaient, avant de combat-tre, coupés à Naumbourg et Iéna, et avaient