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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

plus beaux actes de la vie militaire de Napo-léon, dont le génie y développa les grandesressources dont il était susceptible (î).

La même manœuvre fut exculée par Napo-léon à l’ouverture de la campagne de 1796,contre les deux corps de Beaulieu et de Golli,qui occupaient une ligne de déploiement horsde mesure, qui s’étendait depuis la Bochettajusqu’à Ceva ( 2 ). La droite du premier, com-mandée par Argenteau, postée à Sassello etDego était séparée de la gauche du second,commandée par Provéra, qui se trouvait à Mil-lesimo, par le terrain chicaneux, enclavé en-tre les vallées de la Bormida et de l’Erro. Na-poléon profita de la faute de son adversaire,en poussant avec ses masses concentrées surMonlenolle. Après plusieurs combats meur-triers, parmi lesquels il est juste de citer l’en-gagement à outrance soutenu par le colonelRampon, il parvint à séparer les deux corpsennemis qui, à l’instar des troupes de Hilleret de l’archiduc Charles, ne formèrent plus quedeux masses isolées et sans corrélation ( 3 ). 11n’est pas inutile, cependant, d’observer qu’uneopération offensive sur le centre du déploie-ment stratégique des ennemis, ne peut avoirlieu avant le succès, que lorsqu’on trouve de-vant soi des corps éparpillés sur un développe-ment de terrain, dont l’étendue surpasse lesforces actives qui l’occupent et sont chargéesde le défendre, comme les deux cas que jeviens de citer. L’exécution d’une opération pa-reille , repose donc sur une faute grave commisepar les adversaires, et dont on profile , en por-tant une masse respectable dans la lacune qu’ilsauraient eu l’imprudence de former. Si celteimprudence n'a pas lieu, il est tout juste, quen’ayant devant soi aucune chance certaine desuccès, au lieu de se jeter au-devant des forcesconcentrées des ennemis, on doit plutôt pré-férer la manœuvre qui nous place perpendicu-lairement à leur ligne de déploiement.

( 1 ) Comme cette opération ne saurait être assez étu-diée par les militaires, je crois devoir conseiller aulecteur d’en approfondir les détails les plus circonstan-ciés en prenant pour guide les Mémoires sur la guerrede 1809, en Allemagne, par le général Pelet. Cet offi-cier, aussi distingué par ses talents que par sa profondeérudition, nous a livré des matériaux très-précieux surcette campagne mémorable.

Pour être à même d’attaquer la ligne du dé-ploiement stratégique de ses ennemis , il fauts’en approcher; et ces mouvements, qui nousamènent dans la proximité de nos adversaires,nous offrent, par rapport à la position de nosmasses, trois ordres de déploiement stratégi-que , dans lesquels nous pouvons nous présen-ter devant la ligne ennemie, qui proviennentde la configuration du terrain que nous devons |parcourir, et des objets des opérations que nous |devons occuper, qui sont ; |

J. L’ordre parallèle ; |

2. L’ordre oblique ; *

3. L’ordre perpendiculaire.

Le premier possède les mêmes espaces entreles lignes de déploiement des deux armées bel-ligérantes ( PI. I, fie/. 9 ) ; par la dispositiondes différentes masses, le second ne présente ;qu’un des flancs à son adversaire en refusantle flanc opposé ( Fig. 10 ), et le troisième estcelui par lequel l’armée assaillante se placeperpendiculairement sur un des flancs de laligne ennemie {Fig. 11 ).

En tactique , l’ordre perpendiculaire est leplus avantageux ; mais il n’en est pas toujoursde même en stratégie. La tactique, lorsqu’unflanc est rejeté sur l’autre, la difformité des •masses qui en provient, est le préliminaire de Ila victoire; en stralégie, le plus grand avan- |lage, comme nous venons de nous en convain-cre, résulte de leur séparation. L’ordre per-pendiculaire qui nous place parallèlement à la 1ligne directrice de nos adversaires nous accorde,sans doute , de très-grands avantages , maislaissant les masses défensives en concentration,au lieu de les séparer, les ennemis conserventla faculté de pouvoir, à la suite d’un succès,réparer les vices de leur position, et la stratégien’en recueille plus ni les mêmes avantages niles mêmes résultats.

Un autre inconvénient assez grave peut ren-dre une position perpendiculaire vicieuse ,

( 2 ) Voyez la carte de l’Italie par Bâcler d’Albe.

( 3 ) Pour l’intelligence de ces mouvements, qu’onne saurait assez approfondir, je conseille au lecteurde recourir à la description claire et précise quenous en a donné le général Jomini, dans son Histoirecritique et militaire des campagnes de la révolution(vol. vu).