DE LA STRATÉGIE.
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c’est que rarement on pourra sœ placer avectoutes ses forces sur l’extrémité du flanc deson ennemi, sans découvrir ses propres com-munications. L’échec tactique dont j’ai parlé,a-t-il tourné au désavantage des assaillants,qu’en arrive-t-il ? On se trouve sur une faussedirection, engagé dans des mouvements qu’onn’est pas toujours maître de changer, et pourpeu que les ennemis soient prompts et hardis,on se met à la merci des plus grands dangers.
En s’avançant dans l’ordre parallèle contreson ennemi, on est toujours à même de pouvoirmenacer l’un des trois points de sa ligne :les deux flancs ou le centre. Selon que les avan-tages topographiques le permettent, on con-serve donc la faculté de r assembler les diffé-rentes parties en une seule masse, de séparerun des flaucs du centre et du flanc opposé, ouen tombant sur le centre même, d’isoler lesdeux flancs.
Dans ces cas, les voies qui nous conduisentà la ligne ennemie décident beaucoup du choixde l’attaque ; car le mouvement des niasses estassujéti à la direction des lignes de jonctions.Au lieu de nous conduire vers le centre, commenous le désirerions, il peut arriver qu’ellesnous dirigent sur un des lianes, et quelquefois,de manière à ne nous laisser que la possibilitéde tomber de front sur le flanc même, sanspouvoir interposer nos forces entre un desflancs et le centre.
Le déploiement stratégique doit aussi êtrefait de manière à pouvoir, à chaque occasionoù la nécessité l’exigera , rassembler les diffé-rentes masses en une seule, pour être à mêmede porter un coup décisif. Il est donc indispen-sable de porter une attention scrupuleuse surles difficultés du terrain, que la nature inter-poserait entre les différentes parties, et ne dé-ployer stratégiquement les corps, que de ma-nière à pouvoir les concentrer sur le point dela ligne sur lequel devra se prononcer lemouvement offensif. C’est dans le rassemble-ment des armées sur le point décisif que gîtle génie du chef, c’est ce talent que Napoléonpossédait au suprême degré, et qui lui avaitaussi acquis celte prépondérance marquée dontil a joui sur ses adversaires.
Quant au déploiement dans l’ordre oblique,il possède un défaut capital : celui d’avoir lestètes des différentes colonnes à distance inégale
de l’objet qu'on veut atteindre. Il en résulte duretard dans les mouvements offensifs ; les dif-férentes parties du déploiement sont isolées enattendant les unes les autres, et peuvent setrouver à la merci d’une attaque, à laquelleleurs forces physiques ne leur permettent pasde s’opposer. Tel a été, en 1812 , l’ordre demarche du centre des armées françaises, com-posé des corps de Saint-Cyr, du vice-roi d’Ita-lie et des gardes. Le mouvement excentriqueque Napoléon fit faire au prince Eugène versDévénicki, avait retardé son mouvement surDokchitzy, tandis qu’il devait s’y trouver enmême temps que Sainl-Cyr à Gloubokoé. Aulieu de pousser sur Ouchatch, les gardes et le6 e corps furent obligés de stationner à Gloubo-koé, pour donner au 4 e le temps d’égaliser lestêtes des colonnes et de reprendre l’ordre dedéploiement parallèle.
Il arrive que les opérations embrassent unevaste étendue de terrain, où on est obligé defaire manœuvrer plusieurs armées, et où cesarmées sont appelées à agir dans différentessphères. Tant qu’il ne s’agira que des objetssecondaires, chacune d’elles pourra opérer iso-lément dans sa section, de manière à remplirla lâche qui lui est imposée; mais commel’échiquier le plus vaste ne possède qu’un seulpoint principal et vraiment décisif, qui doitcire le point de mire des différentes masses,cet objet devra servir de but aux parties quicomposent le tout. Tous les mouvements con-centriques des différentes armées devronttendre vers ce but commun d’où dépend l’in-tégrité du pays. Dans un cas pareil, le calculdu temps et des distances ne saurait être assezscrupuleusement observé. C’est de ce calcul,aussi subtil que difficile, que dépend la con-centration des forces sur le point où doit se dé-cider le sort de la guerre.
Les différentes directions dans lesquelles lesarmées opèrent, nous indiquent souvent, d’unemanière non douteuse, l’objet qui doit être lepoint de mire commun des différentes arméesoffensives.
Nous pouvons en puiser un exemple dans lacampagne de 1813.
Les armées alliées opéraient sur trois pointsdifférents. Deux parties se trouvaient sur la rivedroite de l’Elbe, dans les directions de Breslauà Dresde et de Berlin à Witlenberg, tandis que