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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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MÉMOIRES SUR LES PRINCIPES

native de la défense à l’attaque, qu’on trouveles éléments actifs les plus avantageux du sys-tème défensif; car il est tout simple que, sion permettait à l’assaillant de conduire sesattaques en sécurité et sans interruption, pro-tégé par les circonstances, comme il est à sup-poser qu’il doit l’être, il n’y aurait pas de pointqui, à la suite d’attaques persévérantes, nefinisse par tomber sous ses coups ( 1 ).

La supposition de prendre l'offensive dansune direction contraire à celle où on est réduità une stricte défensive, nous dévoile l’emploid’un principe qui n’est pas toujours compatibleavecles désavantagcsintrinsèques de la défense;c’est une dissémination des forces physiques.Au reste, l’emploi de ce principe étant indis-pensable, il est juste de s’en servir, mais onne doit en user que dans un moment opportun,et ne le mettre en exécution qu’avec précaution,finesse et célérité.

Le calcul du temps, des espaces, et surtoutune distribution analogue des forces physiques,pour pouvoir maintenir le point défensif et nepas échouer dans l’attaque de celui qui sert debut à la diversion, doivent être soumis à uneattention scrupuleuse, un examen approfondi,et fait dans le vrai sens des ressources territo-riales , envisagées sous le point de vue des deuxsystèmes.

Pour mieux éclaircir mes idées, je crois de-voir présenter au lecteur un exemple tiré desguerres modernes : je prendrai la campagnede 1796, en Allemagne.

(i) Userait difficile d’offrir au lecteur une époque mi-litaire plus riche en exemples que celle de la cam-pagne de 1814, en France. C’est unemine inépuisable derègles, d’exemples etdeprincipcs pour le système défen-sif, et le militaire qui aime à approfondir son métier ne

Après les combats désavantageux que l’ar-chiduc Charles avait livrés à Ettlingen et Né-resheim, il fut rejeté sur la défensive et sereplia derrière le Lech, tandis que Warlens-leben prit position derrière la Naabe. Le gé-néral Nauendorf, avec 5 bataillons et 14 esca-drons, se trouvait à Neumarck et formaitl’échelon stratégique intermédiaire entre lesdeux armées impériales. Le projet de l’ar-chiduc avait été de les diriger concentrique-ment vers Ratisbonne, afin de pouvoir se jeter,après leur réunion, d’abord sur l’armée deSambre-et-Meuse, et, plus tard, sur celle deMoreau.

L’inaction du général en chef français aprèsl’affaire de Néresheim et le mouvement offensifde Jourdan dans la vallée de la Pegnitz, avaientséparés d’une manière sensible les deux arméesfrançaises. L’arcliiduc voulut profiter d’un mo-ment aussi opportun pour reprendre l’offensive.Laissant le général Latour avec 57,000 hommesdevant la position qu’occupait Moreau, il part,le 16 août, des environs deNeubourg, avec troisdivisions, et après avoir recueilli le généralNauendorf à Neumarck, il s’avance sur Am-berg où, conjointement avec le général YVartens-leben, il attaque Jourdan, remporte sur lui unevictoire complète, et répare, par celte opérationdécisive, tous les désavantages que les échecsantérieurs avaient produits. Nous savons l’in-fluence salutaire que cette victoire eut surl’issue de la campagne ( 2 ).

sauraitl’étudieravec assez d’attention etde profondeur.

( 2 ) Le lecteur ne saurait en étudier assez les détailsdans les Principes de Stratégie, développés par VHis-toire de la campagne de 1796 en Allemagne, que l’ar-chiduc Charles nous a livrés lui -même.