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Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie; des mémoires sur les principes de la stratégie; de l'examen raisonné des propriétés des trois armes; et d'un mémoire sur l'artillerie / par N. Okouneff
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DE LA STRATÉGIE.

c’est alors que se développent toutes les entra-ves auxquelles un changement de la base d’ap-provisionnement est soumis.

Le vrai esprit du système défensif consistedonc à ramener l’ennemi sur un terrain où, àchaque pas, la nature ou l’art puissent lui of-frir une entrave difficile à surmonter. En obli-geant l’armée offensive à vaincre de grandsobstacles, on diminue la faculté impulsive deses forces actives , et en compensant par là lesdésavantages de la défensive, on établit, entreles deux armées belligérantes, cet équilibre sanslequel un pays ne pourrait être ni défendu niconservé.

Tout ce que nous avons dit dans le chapitreprécédent sur le déploiement stratégique desdifférentes masses, se rapporte tout aussi bienà la défensive qu’au système offensif, avec ladifférence que, dans le second, l’ennemi choi-sit à son gré le point d’attaque et prend parconséquent le plus vulnérable pour but, tandisque, dans le premier, les défenseurs doiventêtre préparés à résister à leurs adversaires surtous ceux de la ligne qu’ils occupent.

Si les avantages intrinsèques de l’offensivemettent quelquefois les assaillants dans le casde se permettre . .es licences dans leur dé-ploiement stratégique, il n’en est pas de mêmedes défenseurs, qui doivent être prêts à résistersur tous les points. Les règles qui nous guidentdans l’occupation des bases d’opérations, doi-vent être plus scrupuleusement observées en-core, c’est-à-dire, qrneles différentes parties quiforment le déploiennent stratégique, doiventêtre placées de manière à pouvoir se prêter unsecours mutuel et prompt.

Le déploiement stratégique du système dé-fensif doit ètjre toujours fait dans le sens desdifférentes attaques que les assaillants peuventdiriger contre la ligne, c’est-à-dire, si on setrouvait attaqué sur un des flancs, entre un desflancs et le centre, ou dans le centre même dudéploiement.

Dans tous ces cas, la concentration des forcessur le point mis en échec , est toujours l’uniqueremède au mal ; mais ce remède peut, dans lecas d’une attaque sur une des extrémités de laligne , à cause de l’éloignement dans lequel setrouvent les deux flancs, être souvent tardif etinsuffisant. Il en faut donc un autre plus effi-cace , et je le trouve dans l’établissement d’une

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sorte de réserve qui, occupant en arrière de laligne du déploiement une position convenable,soit toujours prèle à secourir le point que l’en-nemi aura mis en échec. Celte disposition nepourra pas être mise dans la catégorie d’une dis-sémination désavantageuse des forces physi-ques, puisque celte masse de réserve étant unepartie intégrante du déploiement, sera là poursoutenir le point attaqué. En nous offrant lesmoyens de pouvoir présenter aux assaillantsune masse capable de s’opposer du moins aupremier choc, pendant lequel la concentrationdu reste des forces pourra s’effectuer, cette ré-serve, au contraire, sera d’un effet salutaire.

Cette disposition possède encore un avantage.Supposons qu’à la suite d’une opération bienconduite, l’ennemi vienne se placer perpendi-culairement sur le flanc de notre ligne stra-tégique. Un changement de front de notredéploiement devient indispensable; mais cechangement est un mouvement tardif, et, parconséquent, n’est qu’un remède d’une efficacitésouvent douteuse. La masse de la réserve, d’a-près la disposition proposée, y remédie, sinontout à fait, atténue du moins les dangers dupremier moment. Se trouvant dans la proxi-mité des deux flancs, elle peut, d’après l’exi-gence , venir au secours de l’un ou de l’autre,et en soutenant le choc des assaillants, ellepourra donner au reste des troupes le temps dese rassembler.

Les trois ordres de déploiement dont nousavons eu l’occasion de parler, dans lesquels onpeut se trouver par rapport à la ligne ennemie,reposent sur les mêmes principes pour le sys-tème défensif que pour l’offensif ; les mêmesrègles que nous avons établies pour le second,nous guideront donc aussi pour le premier.

Quoique le vrai but des opérations défensi-ves soit la conservation des objets qui main-tiennent l’intégrité de l’échiquier stratégique,comme les lignes de jonctions principales quinous conduisent aux objets des opérations, lesgrands fleuves ainsi que les objets et les basesd’o-pérations, il n’en est pas moins utile et salutaire,pour pouvoir soutenir le système défensif avecefficacité, de chercher aussi à prendre l’offen-sive sur des points que l’ennemi aurait décou-verts, et en les mettant en échec, de paralyserj le mouvement offensif qu’il aurait prononcé! sur un autre. C’est dans cette transition aller-